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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 18:32

Soyez joyeux dans l'espérance, patients dans la tribulation, persévérants dans la prière.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes biens chers frères, la liturgie de ce dimanche reprend cette recommandation de Saint Paul dans son épitre aux Romains, et l'adresse a tous les Baptisés comme une devise devant guider et éclairer leurs vies chrétiennes.

L'Eglise fait sienne aujourd'hui les paroles de l’Apôtre, elle les fait résonner dans sa Liturgie afin qu'elles habitent notre coeur et notre esprit, afin qu'elles soient pour nous comme une règle de vie: Soyez joyeux dans l'espérance patients dans la tribulation, persévérants dans la prière.

La joie appartient essentiellement a la vie chrétienne, la joie fait partie de notre vie chrétienne.

Non pas une joie superficielle et instable, non pas une joie fragile, sans cesse soumise aux caprices de notre nature humaine, mais une joie fondamentale, une joie profonde qui s'enracine dans les paroles mêmes du Christ: Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

Le motif de notre joie est surnaturel, le motif de notre joie a la solidité et la pérennité de ce qui vient de Dieu.

Or l’espérance est justement cette vertu que Dieu a déposée en notre âme au jour de notre baptême, afin qu'elle nous accompagne tout au long de notre pèlerinage sur la terre, afin qu'elle éclaire notre vie terrestre et nous rappelle sans cesse que nous avançons vers Dieu, et que pourvu que nous restions fideles à ses enseignements, nous le verrons un jour face a face.

Non seulement l'espérance nous rappelle cette vérité, mais, appuyée sur la foi, elle nous en donne l'assurance - et une assurance si ferme, que nous pouvons répéter, à la suite de Notre-Seigneur : Notre joie personne ne pourra nous la ravir.

Non, mes biens chers frères, personne ne pourra nous ravir cette joie surnaturelle de se savoir créés par un Dieu qui nous aime, accompagnes par un Dieu qui nous aime, attendus par un Dieu qui nous aime.

Certes, cela ne supprime pas les difficultés, les souffrances ou les angoisses qui peuvent assaillir nos existences, mais celles-ci restent alors des tempêtes de surfaces, incapables de troubler la paix et la joie qui règnent au plus profond de notre âme. Celles-ci sont d'un autre ordre.

L'espérance est ainsi la vertu des voyageurs, la vertu de la terre. Au Ciel nous n'aurons plus l’espérance car alors nous posséderons ce que nous désirions.

Mais tant que nous ne sommes pas arrives au terme, tant que nous ne sommes pas dans la lumière de Dieu, l’espérance nous accompagne et nous fait traverser les épreuves et les doutes de cette vie, en gardant les yeux fixés vers le Ciel.

Elle seule peut nous donner la force, comme nous le demande encore Saint Paul, d'être « patients dans les tribulations ».

Dieu a voulu que le Salut du monde passe par les tribulations, les souffrances et la mort.

Le Christ aurait pu nous sauver sans souffrir, la vie du Christ aurait pu se dérouler entre Noel et l'Ascension, sans passer par la passion, la mort et la résurrection.

Mais Dieu a voulu souffrir, Dieu a voulu connaitre la souffrance, non seulement pour lui donner un sens, mais pour la rendre féconde, pour lui donner une force et une puissance qui n'appartiennent qu'a elle.

Dieu a voulu que le sommet de l'amour coïncide avec le sommet de la souffrance.

Et c'est désormais une loi de l'amour d'être purifie, d'être affiné par les douleurs acceptées et offertes.

Cela ne signifie certes pas qu'il faille demander à Dieu de nous envoyer des épreuves, mais cela signifie qu'il nous faut demander dans la prière suffisamment de foi et de force pour accepter et offrir les souffrances que Dieu permettra que nous rencontrions.

Si souvent nous souffrons comme des païens, si souvent nous gaspillons nos souffrances, c'est-a-dire qu'elles n'occasionnent chez nous que plaintes et gémissements : nous oublions qu'elles peuvent être rédemptrices pourvu que nous les unissions à celles du Christ.

Mes biens chers frères il importe de « christianiser » nos peines, c’est-à-dire de leur donner la puissance et la richesse que le Christ a voulu leur communiquer en mourant sur la croix.

Certes cela n'empêchera pas la souffrance de brûler notre coeur, cela n'étouffera pas nos larmes et nos sanglots mais ceux-ci ne seront plus vains, car alors nos souffrances auront non seulement un sens, mais une « efficacité ».

Et toutes les difficultés et les épreuves de cette vie peuvent ainsi nous rapprocher de Dieu pourvu que nous les acceptions et les offrions à Celui qui a voulu leur donner un prix.

Enfin, mes biens chers frères, tout cela ne sera possible que si nous faisons notre le troisième conseil de l'Apôtre : « soyez persévérants dans la prière ».

La prière conditionne toute notre vie chrétienne, la prière est la respiration de notre âme.

Sans elle nous vivons loin de Dieu, sans elle Dieu nous est inconnu et lointain.

Par la prière nous dialoguons avec Dieu, nous parlons a Dieu, nous l'écoutons dans le silence de notre âme, nous vivons habituellement près de lui.

La prière entretient la vie de notre âme, elle nous fait vivre «sous le regard de Dieu ».

Aussi, demandons aujourd'hui la persévérance dans la prière, demandons a Notre-Dame de nous aider à prier tous les jours, dans la joie ou dans les larmes.

Comprenons que de notre prière dépend toute notre vie, comprenons qu'elle est vitale: sans elle il nous est impossible de rester près de Dieu, de vivre selon ses commandements, de rester dans son amitié.

La prière prolonge nos communions, elle entretient en notre âme la vie de la grâce, la vie de Dieu.

Aussi, que nous ne passions pas un jour sans parler à Dieu, sans lui confier notre journée, sans lui rendre grâce, sans lui demander pardon.

Mes biens chers frères, seule la prière nous permet de vivre réellement avec Dieu, seule elle nous permettra de connaitre cette joie dont nous parle Saint Paul et de traverser les peines de cette vie avec foi et patience.

Aussi demandons à l'Apôtre de nous donner sa force et sa constance pour suivre les conseils qu'il nous donne aujourd'hui et vivre des ici bas dans la paix de l'âme et la joie de Dieu. Ainsi soit-il.

P. Benoît PAUL-JOSEPH

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