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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 11:42
10h 30, messe solennelle célébrant St Charles Borromée
Plus de 90 fidèles malgré les vacances scolaires, 
non compris la chorale grégorienne si bien dirigée par M. Bonifay. 
A l'orgue Nicolas Coltel.

Mgr Ellul célébrait cette Eucharistie et donnait l'homélie sur la vie du saint, entouré du Père Laurent GREGOIRE (diacre) et de Pierre FEDERICCI (sous-diacre).
De nombreux clercs servaient autour de l'autel. 

Cette fête était aussi l'anniversaire de la consécration de l'église 
(3 novembre 1823 par Mgr de Mazenod).

Quelques photos de la messe...

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A la sortie de l'Eglise St Charles, sur le parvis...

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 11:35

Messe de la Fête de St Charles

4 novembre 2007
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Homélie en la fête de
Saint Charles Borromée
Paroisse St Charles de Marseille.



 + Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Frères et Sœurs,
 
La parabole des talents, que nous venons de proclamer dans l’Evangile de St Matthieu (25, 14-23), a été choisie à bon escient pour éclairer la vie de St Charles Borromée. Appliquée aux évêques, elle prend une signification particulière. C’est à eux que le Christ confie le gouvernement de son Eglise, en attendant son retour. Quels précieux talents il leur donne, pour enseigner, conduire et sanctifier son peuple ; et quelle magnifique récompense attend ceux qui les font fructifier.
 
St Charles Borromée naquit au château d’Arona, sur la rive ouest du lac Majeur, le 2 octobre 1538. Destiné à l’état ecclésiastique, il commença ses études de droit, à l’université de Pavie en 1554. A peine venait-il d’être reçu comme docteur « in utroque jure », qu’il vit s’ouvrir devant lui, la brillante et riche carrière qu’offrait en ce temps, la situation de neveu du Pape. Son oncle maternel, le cardinal Gian Angelo de Medici, était élu pour succéder à Paul IV.
 
 Lorsque le 30 janvier 1560, le pape Pie IV, dans une promotion de trois cardinaux, donna la pourpre à son neveu Carlo Borromeo, fils de sa sœur Marguerite, il le nomma quelques semaines plus tard, son Secrétaire d'Etat ; puis, il fit pleuvoir sur lui une avalanche de titres prodigieux, -archevêque de Milan, -protecteur du Portugal et de la Basse Allemagne, -légat de Bologne, -protecteur des Carmes, -des Chanoines de Coïmbre, -de tous les Franciscains, -de l'Ordre du Christ, -archiprêtre de Ste Marie-Majeure, -Grand pénitencier, sans parler de bénéfices si confortables, qu’on a pu évaluer à 50.000 écus, de revenu (plus de cent millions de Francs).
 
Au Vatican, il a son service, 150 domestiques, en livrée de velours, des chevaux, et des carrosses. Conscient de sa dignité et de son rang, il mène la vie d’un grand prince de l’Eglise, organise les mariages de ses frère et sœurs, car son ascension profite à toute la famille. Les Romains, volontiers ironiques, pour ce qui regardait les affaires vaticanes, s’esclaffèrent. Mais les badauds de la piazza Navona se trompaient. Le jeune cardinal, appelé d’un seul coup à des responsabilités si hautes, était de taille à les porter toutes, sur ses osseuses épaules. Il n’avait que 22 ans, mais son expérience de la vie, sa sagesse, son intelligence n’étaient en rien celles d’un garçon à peine sorti de l’adolescence. « Avait-il même jamais été enfant ?», ce petit « Carlettino » dont le jeu favori, à cinq ans, était de construire des autels et d’y imiter les cérémonies liturgiques ? Ce prélat aux jambes nues, - tonsuré à huit ans, cet abbé de douze ans, qui, lorsqu’il fut investi d’un monastère, avait pris si bien au sérieux sa tâche, qu’il entreprit de réformer ses moines !
 
A l’université de Pavie, sept ans durant, il s’était fait remarquer, tout autant par sa charité inépuisable, qu’il marquait aux miséreux de toute espèce, que par son travail et son brio. C’était un grand garçon maigre, au long nez recourbé, au masque sans charme ; il émanait de lui une impression de rigidité, de calme, d’efficacité, de courage lucide. De sa vocation, il allait en fournir la preuve éclatante quand son frère aîné étant mort, au lieu de demander à son oncle, la dispense de rentrer dans le siècle pour être chef de famille, (bien que cardinal, il n’était encore que sous-diacre), il se hâterait de se faire ordonner prêtre.
 
Dieu l’avait vraiment marqué de son sceau, et sa vie faite de renoncements, de mortifications, répondit vite aux moqueries de ceux, que sa nomination avaient fait crier au népotisme. « De la richesse, devait dire son panégyriste, lors de son oraison funèbre, Charles ne connut que ce qu’un chien reçoit de son maître : de l’eau, du pain et de la paille ».
 
A peine installé auprès de son oncle, il se révéla tel qu’il était : travailleur acharné, assidu à la méditation et à la prière, (il pratiquait les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola), dont les seules distractions étaient quelques parties de balle au chasseur, pour s’entretenir en forme, et les petits colloquesavec quelques amis sur de graves sujets, qu'il appelait en souriant ses « Nuits vaticanes ».
 
On pouvait donc, êtrecardinal-neveu, et Secrétaire aux innombrables bénéfices, tout en étant un saint ? Le peuple romain se rendit à cette évidence, et la Curie, et les cardinaux, qui, après l'avoirvu à l'œuvre dans l'administration, dans la préparationdu concile, puis durant le concile même, songèrent un instant à lui offrir la tiare, à la mort de son oncle et serangèrent à son avis, quand il proposa l'inattendu cardinal Ghislieri, Pie V. Charles Borromée avait alors vingt-huit ans ; la partie décisive de sa prestigieuse carrière commençait.
 
Le Concile de Trente venait de formuler les principes de la rénovation catholique devenue indispensable. La papauté, en la personne de St Pie V, montrait sa ferme résolution de ne pas les laisser lettre morte. Mais le plus difficile est qu’il fallait faire pénétrer le nouvel esprit, jusqu’au plus profond des consciences chrétiennes, jusque dans les plus lointaines paroisses.
 
Cette tâche et cet honneur, revenaient d’abord aux évêques dont le concile avait dressé un portrait idéal de si grande allure mais à qui il avait rappelé leur devoirs. Seraient-ils capables de comprendre ce que l’Eglise attendait d’eux ? On pouvait l’espérer puisque, avant même que Rome eut pris en charge officiellement, l’œuvre réformatrice, dans maints diocèses, des hommes de Dieu avaient opéré d'impressionnantes transformations.
 
Le concile achevé, le nouveau Pape élu, l'ancien Secrétaire d'Etat considéra que, désormais, son premier devoir était de donner l'exemple, en obéissant au décret sur la résidence épiscopale, et en s'installant dans son archidiocèse de Milan. Il se prépara aux ordres sacrés, sous la direction spirituelle des Jésuites en faisant les Exercices de St Ignace. L’ordination eut lieu en secret, et le 15 août 1563, le cardinal-prêtre célébrait sa première messe. Le 7 décembre, il est sacré évêque de Milan, dans la chapelle Sixtine.
 
Le 23 septembre1565, il faisait à Milan son entrée solennelle, puis, de suite, il réunissait un concile provincial, où tous ses suffragants furent convoqués, pour promulguer les décrets du concile et pour faire connaître ses intentions.
 
C'était un diocèse énorme, couvrant, outre le Milanais, des parties du territoire vénitien et lesAlpes suisses : sous sa juridiction, il n'avait pas moinsde quinze suffragants. Jusqu'alors, retenu à Rome ouà Trente par les grandes affaires de l'Eglise, il avait dûl e faire administrer par un homme de vertus et de talents,le prêtre Ormaneto, que Pie V appela à Romepour réformer la Curie. 740 paroisses, 200 couvents, 3.350 prêtres pour une population de 560.000 personnes. 15 évêchés suffragants. Depuis plus de 80 ans, aucun évêque n’avait résidé dans le diocèse.
 
A vrai dire, la situation à Milanétait mauvaise : prêtres sans zèle, ignorants au pointd'être incapables de réciter en latin la formule de l'absolution, églises vides de fidèles, au point que certainesservaient de granges ; monastères si tombés, que leursparloirs ou leurs réfectoires abritaient bals, noces et banquets ! La tâche était énorme : Charles Borromée s'y attela et jusqu'à sa mort, s'y consacra tout entier.
 
En tout cas, la méditation et la messe quotidienne le conduisirent à une totale réforme de sa vie, désormais placée sur le signe de la prière et de la mortification : plus de suite de laquais, de vaisselle d’or et d’attelages somptueux. « Dieu m’a donné depuis peu, un nouvel amour pour la pénitence ». Malgré sa timidité, Charles Borromée s’est exercé à l’éloquence.
 
En moins de vingt ans, quelle œuvre ! Ilmanda auprès de lui tout ce qu'il put avoir de bons ouvriers : Jésuites, Théatins, Barnabites et clercs de ce tout jeune Oratoire, que saint Philippe Néri organisait alors. Une vaste réforme administrative, centralisée, remit de l'ordre dans les 800 paroisses, désormais groupées en doyennés, commandés par des «vicaires forains», contrôlés régulièrement par des inspecteurs spéciaux, voire parl'archevêque en personne. Régulièrement des concilesprovinciaux furent prévus, pour étudier les problèmescommuns à tous les diocèses, et, dans chacun d'eux, dessynodes annuels. Selon les instructions du concile, desgrands séminaires furent créés, le fameux collège Borromée à Pavie, dont les nobles portiques gardent encore le souvenir de son fondateur, le collège helvétique deMilan, le séminaire d'Ascona sur le lac Majeur.
 
Une fermediscipline fut restaurée partout, et les prêtres fautifs sevirent invités à un « pèlerinage » à l'archevêché, d'où ilsétaient courtoisement mais fermement conduits à unemaison de retraite ; ils n'en sortaient qu'amendés etrepentis. Les monastères furent ramenés à la bonneconduite : plus de salle de bal, plus de festins. Les religieuses cloîtrées reçurent l'ordre de mettre à leurs fenêtres des grilles solides, que les galants ne pussent franchir. On ne pouvait imaginer meilleure mise en application des stricts décrets tridentins.
 
Il se rendait d'ailleurs parfaitement compte de l'importance de l'œuvre qu'il menait : sorte d'application pratiquedes doctrines du concile, « banc d'essai ». Aussi ne laissait-il perdre aucun de ses mandements, aucune de ses lettrespastorales, aucune des ordonnances issues des délibérations de ses conciles provinciaux. Tout cela fut recueilli, publié,en un énorme ensemble où les réformateurs du mondeentier purent désormais découvrir, par le menu, comment ils pourraient appliquer les idées du Concile de Trente. En vérité, il y a bien des grincements, bien des résistances et des calomnies contre lui. Sa minutie pèse aux négligents : « le cardinal-sacristain », ironisent ses détracteurs. Selon d’autres, sa sévérité s’apparente au rigorisme ; les exigences de la réforme, dérangent les habitudes.
 
Mais d’autres le suivent. Valier, deVérone, s'écria que Charles Borromée était « le Docteurdes évêques » : mot profond et exact. Il va donner un exemple de ce que doit prêcher un évêque, et cela est si inattendu, que l’ambassadeur vénitien en 1565 dit « qu’à lui seul, il fait plus de bien, que la cour de Rome et que tous les décrets tridentins réunis ».
 
Qu'une telle action serait appréciée de tout le monde, nul n'oserait le penser. Charles Borromée ne manqua pas d'adversaires avoués ousecrets. Il y eut les gouverneurs espagnols de Milan, quiavaient trop d'intérêts personnels ou nationaux dans lesaffaires d'Eglise, pour accepter aisément l'austère indépendance de l'archevêque : les conflits avec eux furentmultiples, allèrent jusqu'à l'excommunication, et jusqu'àl'appel à Rome, qui donna raison à Charles Borromée.
 
Il y eut les« Humiliés», singulièrement nommés, descendants dégénérés d'une sorte de tiers-ordre bénédictin, pseudo-moinesenrichis dans le négoce des laines, et qui vivaient, à quelques200, dans des palais au luxe scandaleux. QuandCharles voulut les contraindre à plus de tenue, ils sefâchèrent vraiment et firent tant d'esclandre, qu'il fallut userde menaces. C’est alors que le 26 octobre 1569, tandis qu’il prie dans la chapelle, l'un d'eux, un certain Farina,s'en vint avec une arquebuse, et tira sur l'archevêque, à bout portant, en pleine messe, nele blessant d'ailleurs que légèrement, la balle transperçant son rochet et sa soutane, reliques conservées aujourd’hui à la cathédrale de Bordeaux.
 
Il y eut les chanoines de la Scala, qui prétendirent, au nom d'un ancien privilège, interdire à leur chefhiérarchique de les inspecter. Plus secrète, mais pasmoins dangereuse, fut la petite guerre que les Jésuitessemblent avoir menée ; non pas qu'ils ne fussentpoint d'accord sur les buts et les méthodes, mais parcequ'ils désiraient que la Compagnie bénéficiât de leursefforts, et que les meilleurs sujets fussent drainés ver selle, ce que Charles Borromée, pensant à ses séminaires,ne pouvait admettre, tout en les admirant et en les aidant à fonder des collèges. Ce fut sans doute pour résister mieux à leur emprise,qu'il créa les Oblats de saint Ambroise, sortes de missionnaires séculiers, qu'il avait bien en mains.
 
Un tel homme s'imposait, par le prestige de la volonté, de la sainteté, de l'exemple. Le peuple à qui il donnaittout de ses biens, le vénérait. Ses hôpitaux, ses hospicesétaient pleins. Ses Ecoles de doctrine chrétienne, dispensaient l'enseignement religieux à des milliers d'enfants. On lui pardonnait même d'avoir réglementé le Carnaval,et interdit les fêtes masquées.
 
Puissance de travail, mais aussi puissance de prière. Cet homme d’action est capable de méditer la nuit, huit heures de suite, le même sujet d’oraison. Il récite son bréviaire agenouillé sur le sol, et son recueillement sert d’exemple. Il ne dort que quatre ou cinq heures sur une mauvaise paillasse. Le frugalité de ses repas est proverbiale et, à partir de 1571, il ne se nourrit plus qu’une fois par jour de pain et d’eau et de quelques légumes.
 
Bien au delà de son diocèse, son influence s'étendait. Mais sa gloire devait atteindre à son comble, quand éclate à Milan, en 1576, une peste qui fut parmi les plus horribles de l'époque : aux malades enfermés dans les lazarets, mourant de froid et de faim autant que del’épidémie, (car personne ne se risquait à leur prêter secours),l'archevêque osa lui-même leur rendre visite, célébrant lamesse pour eux, leur donnant le saint viatique, cependantqu'en des instructions d'une charité sublime, il suppliait le clergé et le peuple, d'organiser l'aide collective. Il avaittout vendu de ce qui lui appartenait, jusqu'à ses meubleset ses couvertures. « II n'a plus de quoi vivre lui-même, disait un contemporain, mais on dirait qu'il ressuscite les morts par sa présence.» A Marseille Mgr de Belsunce fut son imitateur, lors de la peste de 1720.
 
A trois semaines de sa mort, un capucin le suppliait de se ménager. Il répliqua : « La chandelle pour éclairer les autres doit se consumer ». Epuisé par cet effort incroyable, Charles Borromée mourut en 1584, à 48 ans à peine, laissant à l’Eglise ce modèle d’évêque, qu’après lui un saint François de Sales, un cardinal de Bérulle et maints autres devaient reprendre.
 
         Ce que fit saint Charles Borromée, avec un éclat si prestigieux à Milan, combien d’autres évêques, ses contemporains, d’une façon sans doute plus modeste, mais avec un zèle et un courage souvent admirable, le firent ailleurs, aux quatre coins de la chrétienté. « Le grand miroir de l’ordre pastoral », comme le nommait St François de Sales, fut canonisé le 1er novembre 1610
 
Grâce à lui, à son exemple, 20 ans après la clôture du Concile de Trente, une élite d’évêques s’était affirmée, prête à tenir solidement l’Eglise sur la bonne route où les Pères du Concile l’avaient engagée.
 
          Mais comme en notre XXe siècle, l’application du concile fut longue et semée d’embûches. Les louanges, il ne les entendait pas ! Des critiques, il en eu grandement sa part. Il n’y avait pas Internet en ces temps là, ni de Forum catholique, pour stigmatiser et salir ses actions ; pas même Golias, pour se moquer, ou les Nouvelles Ecclésiastiques, qui du 17ème au 19ème siècle, avec le Jansénisme, firent tant de mal à l’Eglise en Europe et à la France en particulier.
 
            Non ! Tout était dans sa devise, sertie dans le marbre de l’allée centrale de notre église, où « humilitas », écrit en latin, facile à lire, nous rappelle que nous devons nous tenir dans cette vertu essentielle de l’humilité, sous le regard du Seigneur.
 
A nous, qui célébrons le Saint-Sacrifice du Christ, mort sur la Croix et ressuscité dans la gloire, que saint Charles Borromée, dans cette église qui fut consacrée,un 3 novembre 1826,et dont nous célébrons l’anniversaire,nous donne d’être de vrais disciples de la vérité, remplis d’amour et de charité, obéissant fidèlement aux décrets de la Sainte Eglise, sous le regard de celui qui est La Vie éternelle, le Christ Jésus.
 
Que la grâce et la paix du Seigneur soit toujours avec vous. Amen.       
 

Mgr J-P Ellul.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 11:31


Comme chaque année, la messe de rentrée du Tribunal de Commerce était célébrée dans l'Eglise Saint-Charles. Une belle assistance, avec l'animation liturgique des Baladins de la Chanson, Anne-Elizabeth Muguet, soliste, Christiane Caligari, pianiste et Maître Emmanuel Douhaire à l'orgue.

La messe du jeudi 17 janvier , préparée par Me Henri Grange, avec les textes de la Parole de Dieu, tirés du Premier Livre de Samuel (4,1c-11), et l'évangile de St Marc (1, 40-45), fut présidée par Mgr Georges Pontier, Archevêque Métropolitain de Marseille, et concélébrée par Mgr Jean-Pierre Ellul et le Père Laurent Grégoire de Frélibert. Ci-dessous, l'homélie de Mgr Pontier


Homélie

Les deux textes dont nous venons d’entendre la proclamation reflètent des étapes différentes de la réflexion d’Israël et de la révélation divine.
 
Le passage du premier Livre de Samuël entre dans la compréhension progressive que la protection divine ou la foi en Dieu ne saurait cautionner les comportements immoraux et injustes de ceux qui l’invoquent. L’Arche d’alliance ne saurait accorder la victoire à Israël qui a engagé ce combat contre les Philistins, de manière déraisonnable, ni l’impunité aux fils d’Eli, les prêtres de Silo, qui utilisaient à leur profit personnel la garde qu’ils en avaient.
 
 Au fond, on pourrait dire : l’engagement religieux, l’invocation divine, le statut de croyants ne dispensent pas ceux qui les revendiquent de la conversion morale, d’une vie conforme à leur foi et à la morale individuelle ou sociale. Cela nous paraît évident aujourd’hui. Et pourtant, nous pouvons voir encore des violences et des batailles menées tragiquement au nom de Dieu, et des croyants utiliser pour eux-mêmes leur position sociale dans la société ou leur position hiérarchique dans l’Eglise ou les institutions religieuses. Le visage du Christ serviteur, celui du Christ refusant l’usage de la violence pour se défendre, celui du Christ faisant de sa vie un don, deviendront pour nous, chrétiens, des révélations indépassables de la profondeur de son amour pour les hommes. Ils deviendront le modèle du comportement moral : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse. Fais pour lui ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi et même va plus loin : aime tes ennemis »
 
La rencontre du lépreux avec Jésus, comme d’autres rencontres de l’évangile, manifestent la divinité du Christ qui, pris de pitié pour ceux qui viennent à lui, purifie, guérit, pardonne, accueille. Ces rencontres permettent à Jésus d’établir une saine distinction entre ce qui arrive à l’être humain et ce qu’il est en profondeur. Le lépreux avait la lèpre, il n’était pas pour autant un pécheur dont il fallait se tenir éloigné, un homme dangereux à exclure de la société. Vous savez que le statut de lépreux était codifié par la Loi : il ne devait pas entrer dans la ville, il devait signaler sa présence en criant dés qu’il apercevait quelqu’un, on ne devait pas le toucher jusqu’à ce que la guérison lui rende son statut social. Son mal physique était signe de son mal moral, de son péché.
 
En acceptant la rencontre, en le touchant et en le guérissant, Jésus lui révèle sa puissance divine, et lui rend son statut social. Jésus enfreint la Loi en acceptant de le toucher et de l’entendre. Jésus respecte la Loi en l’envoyant vers les prêtres faire ce qui était prévu par la Loi après une guérison. Jésus n’a pas demandé le changement de la Loi. Il a su prendre en compte la situation particulière de celui qui était venu de lui-même, vers lui, avec humilité et respect : « Si tu le veux, tu peux me purifier ». A l’intérieur d’un système donné, Jésus a su laisser parler sa pitié, son humanité et faire pour cet homme-ci ce qu’il n’a pas fait, ni demandé pour tous.
« Je le veux, sois purifié ». C’était lui rendre l’estime de soi-même, c’était le libérer d’une culpabilité malsaine. « Donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi », c’était le resituer dans la société à laquelle il appartenait et aux règles qui la régissaient.
 
Nous contemplons le Christ qui avait cette puissance de compassion, cette liberté intérieure, ce sens des exigences de la vie en société, et qui, en agissant ainsi, révélait la dignité de tout être humain au-delà de ce qui a pu lui arriver. En même temps, il redisait l’importance du respect des règles que la société se donne pour son vivre ensemble, même s’il a su rappeler que les hommes n’étaient pas faits pour les lois, mais les lois pour les hommes. L’homme, la recherche de son bien, sa valeur, sont au dessus de tout.
 
Vous êtes des hommes de loi, mais vous êtes des hommes tout court ! Vous savez qu’il est bien là notre défi à nous tous : faire passer le bien général avant le bien particulier et , pourtant, comprendre à ce point les situations particulières qu’on puisse parfois faire preuve d’une clémence qui ne remet pas pour autant en cause les règles présidant à la marche de nos sociétés.
 
Puisse notre contemplation du Christ nous permettre d’unir fortement en nous - mêmes justice et miséricorde, vérité et compassion. Que le Seigneur nous donne l’humilité nécessaire pour demeurer exigeants envers nous-mêmes et plein de pitié pour les autres.
Amen.

                                                                                                                   + Georges Pontier
Archevêque de Marseille

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 10:46
St CharlesC’est un superbe édifice, méconnu et mal documenté, que l’église Saint-Charles intra-muros, rue Grignan (Saint-Charles extra-muros est l’église de la Belle-de-Mai).
Elle a remplacé une modeste chapelle aménagée sous l’Empire, sous le patronage de Saint-Jérôme, prénom de Mgr de Cicé, premier archevêque concordataire des Bouches-du-Rhône et du Var. Elle doit son vocable actuel à Charles-Fortuné de Mazenod, premier évêque du nouveau diocèse de Marseille rétabli sous la Restauration. Elle a été construite de 1826 à 1834 par Mouren et Guieu, entrepreneurs - le premier étant ordinairement considéré comme l’architecte -, et consacrée le 3 novembre 1828 par Mgr de Mazenod. Le chœur a été terminé en dernier, ainsi que le clocher. Des réparations seront nécessaires en 1843, des lézardes étant apparues dans les voûtes (le sol de ce quartier semble instable, ce qui posera de gros problèmes lors de la construction, à proximité, du Palais de Justice). En 1850, on recouvre de marbre les quatre piliers de la coupole, puis en 1868 le reste de l’édifice. Cantini est choisi pour cela ; les travaux seront surveillés par Condamin et Verdier, ingénieurs-architectes.
 
Une architecture élégante et dépouillée
Souvent qualifié sommairement d’église « néo-Renaissance », cet édifice très homogène semble plutôt constituer, en ce début du XIXe siècle, un exemple de la permanence de modèles d’Ancien Régime. La silhouette et la façade pourraient faire d’abord penser à Notre-Dame-des-Victoires de Paris (Le Muet, 1629 et Cartault, 1740, façade). En fait, l’inspiration semble locale. Le plan centré, dont la croisée est surmontée d’une coupole, est très proche de celui de la « magnifique église » du couvent des religieux franciscains, dits de Picpus, consacrée en 1749, qui était située à l’emplacement de l’actuelle annexe du Palais de justice et fut sanctuaire paroissial du quartier entre 1790 et 1794. Elle fut ruinée sous la Terreur, mais ses restes subsistaient dans les premières décennies du XIXe siècle et les paroissiens aisés qui aidèrent au financement de la nouvelle église ont pu demander à l’architecte de s’en inspirer.
La façade, d’un classicisme très sobre, comporte des colonnes engagées d’ordre ionique dans la partie basse, un puissant entablement surmonté de stylobates soutenant des pilastres d’ordre corinthien et encadrant une fenêtre en plein cintre, le tout coiffé d’un fronton triangulaire sans décor. Il est aisé d’observer qu’elle dérive directement de celle de l’église des Chartreux (Dom Berger, 1680), dont l’ordre supérieur est littéralement transposé, y compris ses ailerons étroits très caractéristiques. L’église de l’ancienne chartreuse était alors considérée comme la plus belle de Marseille ; elle servit notamment de modèle de référence à Pascal Coste dans son enseignement à l’Ecole gratuite de dessin : Mouren en aurait-t-il été élève ?
 
Tableaux et statues : la marque du « renouveau catholique »
Cinq petits tableaux « assez médiocres » ornèrent initialement le chœur. En 1836-1837, le gouvernement attribue à l’église le grand tableau de L’Adoration des mages de Jean-Joseph Dassy (1796-1865), peint à Rome en 1836 et exposé au Salon de 1837. Mais ses dimensions ne correspondent pas à celles des quatre autres toiles restées en place. Pour les remplacer, on commande en 1838 à Augustin Aubert (1781-1857) quatre grands tableaux de même dimension que l’oeuvre de Dassy, qui viennent l’encadrer : la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension et la Transfiguration. Ce bel ensemble se situe entre la Visitation d’Aubert à Notre-Dame-du-Mont (1827) et la réalisation des tableaux de Saint-Lazare, en particulier du triptyque peint par Dassy pour le chœur. Il témoigne de l’essor de la peinture religieuse marseillaise sous la Monarchie de Juillet, au temps du « renouveau catholique » qu’incarne à Marseille saint Eugène de Mazenod, qui a succédé en 1832 à son oncle.
 
La statue de la Vierge à l’Enfant, dite « Notre-Dame des malades », est une oeuvreundefined certaine d’Honoré Coder (1784-1845), artiste qui réalisa à Marseille de remarquables statues modelées en carton-pierre (la plus célèbre est l’Assomption de la Major). Deux autres effigies de très grande qualité pourraient être hypothétiquement attribuées à son atelier, saint Joseph et surtout saint Charles Borromée. Ce dernier serait digne de figurer dans une église d’Italie du sud, région où la technique du carton-pierre a produit des chefs d’oeuvre.
 
Orgues et musiciens célèbres
En 1831, les Gazeau construisent un premier orgue, remplacé en 1859 par un grand orgue romantique du célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll, le premier de cette prestigieuse maison parisienne à être introduit à Marseille. Il est inauguré par l’organiste de la Madeleine à Paris, Lefébure-Wely, le 18 avril 1859. Théodore Thurner en est le premier titulaire, auquel succèderont F. de Mol, Henri Messerer, Véra Gastine, Joseph Vidal…
En 1857, A. Cavaillé-Coll a également installé dans l’église un orgue de chœur, remplacé en 1883 par un autre instrument du facteur marseillais François Mader.
 
Un beau mobilier
Réalisé en 1891 par Jules Cantini, le maître-autel est une œuvre monumentale néo-baroque en marbre polychrome qui s’inspire fortement de l’autel des Bernardines (Dominique Fossaty, 1756), aujourd’hui dans l’église Saint-Cannat. La chaire à prêcher date de la même époque ; elle a été réalisée sur un dessin de l’architecte toulonnais Gaudensi Allard, frère d’André Allard, qui sculpta la fontaine Cantini.
Le XXe siècle est enfin honorablement représenté par deux statues, saint Yves (patron des avocats) et saint Antoine de Padoue de Louis Castex (1868-1954).
 
Des recherches à poursuivre
Trois tableaux ne sont pas encore documentés. Un Christ aux outrages et une Crucifixion de saint Pierre paraissent plus anciens que l’église (XVIIe siècle ?). Ils pourraient provenir d’un édifice conventuel disparu à la Révolution.
Un vaste Baptême du Christ en piteux état, au-dessus des fonts baptismaux, est considéré comme médiocre en 1869 par un auteur qui a dû y lire une signature, car il indique qu’il est de « Marchand ». Ce patronyme est assez courant, mais il ne serait pas impossible qu’il s’agisse de Joseph-Martin Marchand, artiste qui est surtout connu pour son portefeuille de dessins des monuments de Marseille détruits pendant la Révolution. Il habitait en effet à l’emplacement actuel de la Caisse d’épargne et mourut en 1845. Ce serait dans ce cas sa seule toile connue.
 
Ce beau sanctuaire mériterait une restauration intérieure soignée, respectueuse en particulier des décors en trompe l’œil de ses voûtes, analogue à celle que les Dominicains ont fait récemment réaliser dans le chœur de leur église.
 
Régis Bertrand 
et Jean-Michel Sanchez
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