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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:05

conférence du 15 juin 2012 ciq

 

 

Conférence sur la vénérable Anne-Madeleine Rémuzat

donnée par Mgr Jean-Pierre Ellul

au CIQ Castellane

le 15 juin 2012 - 17h

en la fête du Sacré-Coeur.

Tous nos remerciements à M. Alain Guingant

aux organisateurs et aux bénévoles

pour avoir eu l'amabilité de faire connaître

Anne-Madeleine Rémuzat

et l'avoir ainsi placée parmi les femmes

célèbres de Marseille.

Mme Ivanne Eymieu présente Mgr Ellul...

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messe de 19h-15 juin 2012 17

En cette année missionnaire, j'avais invité le Père Saliba pour prêcher à la messe de 19h. Je l'en remercie bien cordialement.

DSC03516.JPG

Voici son homélie.

Homélie du Père Renaud SALIBA. OMI

Je voudrais commencer par remercier Mgr Ellul pour son invitation à venir prêcher aujourd’hui dans votre basilique, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Cependant, en préparant cette prédication, j’ai rapidement pris conscience que c’était moi en allant à Marseille, qui avait besoin d’entendre une parole de vie sur le Sacré-Cœur. Ce sentiment s’est confirmé en vivant cette journée de célébrations avec vous.

En effet, en 1720, Marseille n’est-elle pas devenue la première ville de France à être consacrée au Sacré-Cœur du temps de Mgr Belsunce ?

En 1922, les échevins de cette ville n’ont-il pas fait le vœu solennel de fêter le Sacré-Cœur, chaque année, en action de grâce pour la délivrance de la peste ?

A la même époque, la sœur Anne-Madeleine Rémuzat dont le cœur est conservé en cette basilique, n’a-t-elle pas œuvré pour diffuser la spiritualité et le culte du Sacré-Cœur ?

Alors oui, en venant ici, on est bien placé pour méditer et pour entrer dans la beauté de cette fête.

 

En regardant un peu l’histoire du culte rendu au Sacré-Cœur, j’ai été très étonné de voir que c’est une histoire assez mouvementée.

Cette vénération est très ancienne et très attestée. On peut en trouver les premières traces chez les Pères de l’Eglise et surtout elle s’enracine dans le texte même des Ecritures. Dans la Bible, il est plus de mille fois question du cœur.

Et pourtant, il a fallu du temps pour que cette fête soit instituée officiellement dans l’Eglise catholique au milieu du 18ème siècle.

L’Eglise n’a pas répondu tout de suite aux demandes formulées par soeur Marguerite Marie Alacoque puis par sœur Anne-Madeleine Rémuzat.

Pourtant la ferveur des croyants permettra que cette vénération devienne une fête solennelle de l’Eglise, célébrée onze jours après la Pentecôte.

Essayons donc de découvrir ensemble la profondeur spirituelle de cette fête.

 

Le cœur de Jésus est un cœur d’homme qui bat

Le premier accent de cette fête est de nous faire entrer dans le mystère de l’incarnation. Le Christ avait un corps d’homme, il avait donc un cœur d’homme. Jésus Christ n’est pas Dieu descendu du ciel mais il est Dieu fait homme. Il avait donc comme nous un cœur qui bat dans sa poitrine. Un cœur qui bat au rythme des émotions de la vie. Et quand on lit les évangiles, on ressent les différents battements de ce cœur.

Un cœur souvent submergé par la compassion quand il voit des hommes ou des femmes souffrants et méprisés, abandonnés sur le bord du chemin, ou quand il voit la détresse de cette veuve qui pleure la mort de son unique enfant dans le village de Naïn. « Ne pleure plus » lui dit-il.

Un cœur qui s’enflamme et se met en colère quand il découvre le commerce des marchands dans le temple.

Un cœur qui se sert terriblement au jardin de Gethsémani quand il sent que les gardes vont bientôt arriver pour le saisir.

 

Jésus aimait ses disciples aussi, il était attaché à eux, et il y a en avait un dont il était particulièrement proche, le disciple bien aimé dont nous parle l’évangile de Saint Jean.

Ce disciple bien aimé a eu cette grâce extraordinaire lors du dernier repas de poser sa tête sur la poitrine de Jésus et d’entendre les battements de son cœur d’homme.

Entendre un cœur battre ! C’est toujours une grande émotion : l’émotion des parents qui entendent le cœur de leur enfant battre pour la première fois à l’échographie.

Si seulement nous pouvions, de temps en temps, entendre battre le cœur des uns des autres. Je suis sûr que nous serions moins durs, moins piquants dans nos relations. Nous serions plus conscients de la fragilité de nos vies suspendues aux battements de nos cœurs.

 

Le cœur de Jésus-Christ a accueilli l’amour infini de Dieu pour l’humanité entière.

Mais la fête du Sacré-Cœur de Jésus ce n’est pas juste célébrer son cœur d’homme, c’est aussi célébrer ce cœur qui a accueilli l’amour infini de Dieu pour l’humanité toute entière.

Cet amour divin était déjà annoncé dans le Premier Testament. Dans le très beau texte du prophète Osée au chapitre 11, on perçoit tout l’étonnement du prophète devant ce Dieu Père qui a cajolé Israël et qui s’est trouvé ensuite abandonné par lui, mais qui, au final, trouve un chemin de pardon vers son peuple.

Comme le dit Saint Paul dans la deuxième lecture, cet amour là « surpasse tout ce qu'on peut connaître », il a « une largeur, une longueur, une hauteur, une profondeur » qui dépasse toute mesure humaine.

Cet amour de Dieu nous le découvrons en plénitude dans le cœur transpercé de Jésus Christ crucifié. Du côté ouvert jaillit d’abord le sang. Ce sang répandu est le symbole de la vie donnée. Une vie donnée pour qui ? Pour ceux qui précisément le rejettent. Tel est le mystère de cet amour que le cœur de Jésus a su abriter.

 

Le disciple bien aimé est là encore, à proximité, au pied de la croix et il regarde. Il y a comme un renversement dans l’évangile que nous venons d’entendre. Au début, il est question de descendre rapidement le corps, de le soustraire vite aux regards parce que c’est une veille de sabbat. Mais à la fin du texte, il s’agit plus de lever les yeux et de contempler avec intensité ce cœur transpercé : « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé »

Ce cœur transpercé, c’est bien le lieu de notre conversion, car une conversion chrétienne c’est toujours une double découverte :

- la découverte de l’amour que Dieu nous porte : j’ai de la valeur aux yeux de Dieu.

- la découverte de notre péché : par mes fautes j’alourdis le poids de la croix.

C’est l’expérience de conversion qu’a faite le fondateur des Oblats de Marie Immaculée, Eugène de Mazenod, dans sa jeunesse lors d’un vendredi saint devant un crucifix.

C’est pour cela que dans les moments difficiles, les moments de décisions, nous sommes toujours invités à prendre notre croix d’Oblat à la main : « médite sur ce cœur transpercé et vois ce que tu veux faire de ta vie ».

 

v nos cœurs sont maintenant configurés à celui du Christ

Cela m’amène à la dernière dimension de cette fête. Il ne s’agit pas simplement de contempler le Sacré-Coeur, il s’agit de se laisser transformer par lui. Nos cœurs sont maintenant configurés à celui du Christ.

Paul nous l’a dit : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. »

Car après le sang, symbole de la vie donnée, c’est l’eau, symbole de l’Esprit Saint, qui jaillit du côté ouvert. Oui l’Esprit Saint est donné et il nous invite nous aussi à vivre de l’amour de Dieu.

 

Rappelons nous le dernier chapitre de l’évangile de Saint Jean. Jésus ressuscité discute avec Pierre et par trois fois, Jésus lui demande m’aimes-tu ? Ce qu’il lui dit en fait c’est : « est-ce que ton cœur s’est transformé Pierre ? Est-ce qu’il est devenu comme le mien ? Est-ce que tu es capable d’aimer ? Si c’est oui, alors soit le berger de mon troupeau, soit le bon pasteur celui qui est capable de donner sa vie pour ses brebis ».

 

Dans sa belle homélie de ce matin Mgr Pontier, nous a présenté la fête du Sacré- Cœur comme la fête de la fraternité, dans cette fête nous célébrons la source de ce qui peut nous unir. Et je voudrais finir en citant le Pape Léon XIII qui a trouvé des mots simples et justes pour définir ce que nous célébrons aujourd’hui.

" Il y a dans le Sacré-Cœur de Jésus un symbole et une image claire de l'amour infini de Jésus-Christ, amour qui nous pousse à nous aimer les uns les autres."

 

Amen.

Fête du Sacré-Coeur : Voeu des Echevins 2012

au Sacré-Coeur de Marseille - 8h sur le site du diocèse de Marseille

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Selon la promesse faite en 1722 par les Echevins de la ville, après la grande peste qui avait ravagé notre cité deux ans plus tôt, la messe du Vœu des Echevins a été célébrée, ce vendredi 15 juin 2012, jour de la fête du Sacré-Cœur, à la basilique du Sacré-Cœur, en présence du président de la Chambre de commerce et d’industrie, des représentants de l’Etat, du maire, du président du Conseil général, du représentant du président du Conseil régional et de nombreux élus.

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Vœu des Échevins 2012-

Mgr Pontier a prononcé son homélie sur le thème de la fraternité humaine.

Mg PontierMg Pontier

...La fraternité humaine est une réalité avant d’être un sentiment. Nous sommes tous enfants du même Père. Nous avons tous reçu la vie ! La fraternité est la valeur ajoutée à notre conviction commune de l’égale dignité de tout être humain, quels que soient son origine, sa religion, son statut social, ce qui lui arrive ou ce qui marque sa vie. La fraternité décrit le type de relations que nous nous savons appelés à vivre pour qu’une société et que chaque individu en son sein demeurent humains...

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Texte de l’homélie de Mgr Pontier pour la messe du vœu des Échevins.

Selon la tradition, à l’offertoire, le président de la Chambre de commerce et d’industrie, M. Pfister, a remis à l’Archevêque un cierge de cire blanche, orné de l’écusson de Marseille.

Remise du cierge à Mgr PontierRemise du cierge à Mgr Pontier

La célébration de cette messe, dite « du Vœu des Echevins », s’est conclue par la prière que les évêques, depuis Mgr de Belsunce, redisent chaque année, et qui est un acte de consécration de la ville au Sacré-Cœur de Jésus.

Vœu de EchevinsVœu de Echevins

Programme de la journée :

  • 8h : Messe du Vœu des Echevins, présidée par Mgr Georges Pontier.
  • de 9h30 à 18h : Adoration eucharistique dans la Basilique.
  • 18h : Chapelet médité
  • 18h30 : Vêpres solennelles
  • 19h : Messe suivie de la procession autour de la Basilique.

..Dans le cadre de notre année missionnaire, Mgr Ellul avait invité le père Renaud Saliba, omi, pour parler de la mission.

Voeu des Echevins à la basilique du Sacré Coeur

Article publié par Christian G.
Modifié le jeudi 15 juin 2012

12 photos

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Selon la promesse faite en 1722 par les Echevins de la ville, après la grande peste qui avait ravagé notre cité deux ans plus tôt, la messe du Vœu des Echevins sera célébrée, ce vendredi 15 juin, jour de la fête du Sacré-Cœur, à la basilique du Sacré-Cœur, 81, avenue du Prado, en présence des autorités civiles et militaires.

Selon la tradition, Mgr Pontier prononcera une homélie sur un sujet de société.

A l'offertoire, le président de la Chambre de commerce et d'industrie remettra à l'Archevêque un cierge de cire blanche, orné de l'écusson de Marseille.

 

  • 8h - Messe du Vœu des Echevins, présidée par Mgr Georges Pontier.
  • De 9h30 à 18h - Adoration eucharistique dans la basilique.
  • 18h30 - Vêpres solennelles, chapelet médité.
  • 19h - Messe suivie de la procession autour de la basilique.

Dans le cadre de notre année missionnaire, Mgr Jean-Pierre Ellul, recteur de la basilique, a invité le Père Renaud Saliba, O.M.I., pour parler de la mission.sacrecoeur 4

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:07

4 novembre 2010

fête de St Charles Borromée

St Charles Borromée (1538-1584)

Fils cadet d'une famille noble italienne, il avait tout pour se laisser entraîner dans une vie facile et fastueuse. Neveu d'un pape, nommé cardinal à 22 ans, il est submergé de charges honorifiques très lucratives : son revenu annuel était de 52 000 écus, soit plus de mille tonnes d'or fin.

 Il reçoit les revenus du diocèse de Milan, des abbayes de Mozzo, Folina, Nonatella, Colle et de quelques autres légations : Bologne, Spolète, Ravenne, etc. Il reste laïc, grand amateur de chasse et de musique de chambre.

 Mais la conscience de son devoir est telle qu'il s'impose dans la vie mondaine et brillante de Rome, par sa rigueur et son travail. Il collabore efficacement à la reprise du concile de Trente, interrompu depuis huit ans.

Au moment de la mort subite de son frère aîné, alors qu'il pourrait quitter l'Eglise pour la charge de chef d'une grande famille, il demande à devenir prêtre. Désormais il accomplit par vocation ce qu'il réalisait par devoir.

Devenu archevêque de Milan, il crée des séminaires pour la formation des prêtres. Il prend soin des pauvres alors qu'il vit lui-même pauvrement. Il soigne lui-même les pestiférés quand la peste ravage Milan en 1576. Il demande à tous les religieux de se convertir en infirmiers.

Les années passent. Malgré le poids des années, il n'arrête pas de se donner jusqu'à l'épuisement. "Pour éclairer, la chandelle doit se consumer", dit-il à ceux qui lui prêchent le repos.

 

"Trois conseils de saint Charles : "- Aie grande confiance dans le Seigneur, il veut toujours ton bien. - Exerce-toi à la connaissance de toi-même. - Dans la prospérité, évite une trop forte allégresse. Elle risquerait de te faire oublier à ton âme les misères et périls existentiels.""

(Saint Charles Borromée)

 

"Il a mis en ma main tous ses trésors, ses sacrements et ses grâces. Il y a placé les âmes qui sont ce qu’il a de plus cher, qu’il a préférées à lui-même dans son amour, qu’il a rachetées de son sang. Il a mis en ma main le ciel pour que je puisse l’ouvrir aux autres."

(Saint Charles Borromée

 

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 10:46
St CharlesC’est un superbe édifice, méconnu et mal documenté, que l’église Saint-Charles intra-muros, rue Grignan (Saint-Charles extra-muros est l’église de la Belle-de-Mai).
Elle a remplacé une modeste chapelle aménagée sous l’Empire, sous le patronage de Saint-Jérôme, prénom de Mgr de Cicé, premier archevêque concordataire des Bouches-du-Rhône et du Var. Elle doit son vocable actuel à Charles-Fortuné de Mazenod, premier évêque du nouveau diocèse de Marseille rétabli sous la Restauration. Elle a été construite de 1826 à 1834 par Mouren et Guieu, entrepreneurs - le premier étant ordinairement considéré comme l’architecte -, et consacrée le 3 novembre 1828 par Mgr de Mazenod. Le chœur a été terminé en dernier, ainsi que le clocher. Des réparations seront nécessaires en 1843, des lézardes étant apparues dans les voûtes (le sol de ce quartier semble instable, ce qui posera de gros problèmes lors de la construction, à proximité, du Palais de Justice). En 1850, on recouvre de marbre les quatre piliers de la coupole, puis en 1868 le reste de l’édifice. Cantini est choisi pour cela ; les travaux seront surveillés par Condamin et Verdier, ingénieurs-architectes.
 
Une architecture élégante et dépouillée
Souvent qualifié sommairement d’église « néo-Renaissance », cet édifice très homogène semble plutôt constituer, en ce début du XIXe siècle, un exemple de la permanence de modèles d’Ancien Régime. La silhouette et la façade pourraient faire d’abord penser à Notre-Dame-des-Victoires de Paris (Le Muet, 1629 et Cartault, 1740, façade). En fait, l’inspiration semble locale. Le plan centré, dont la croisée est surmontée d’une coupole, est très proche de celui de la « magnifique église » du couvent des religieux franciscains, dits de Picpus, consacrée en 1749, qui était située à l’emplacement de l’actuelle annexe du Palais de justice et fut sanctuaire paroissial du quartier entre 1790 et 1794. Elle fut ruinée sous la Terreur, mais ses restes subsistaient dans les premières décennies du XIXe siècle et les paroissiens aisés qui aidèrent au financement de la nouvelle église ont pu demander à l’architecte de s’en inspirer.
La façade, d’un classicisme très sobre, comporte des colonnes engagées d’ordre ionique dans la partie basse, un puissant entablement surmonté de stylobates soutenant des pilastres d’ordre corinthien et encadrant une fenêtre en plein cintre, le tout coiffé d’un fronton triangulaire sans décor. Il est aisé d’observer qu’elle dérive directement de celle de l’église des Chartreux (Dom Berger, 1680), dont l’ordre supérieur est littéralement transposé, y compris ses ailerons étroits très caractéristiques. L’église de l’ancienne chartreuse était alors considérée comme la plus belle de Marseille ; elle servit notamment de modèle de référence à Pascal Coste dans son enseignement à l’Ecole gratuite de dessin : Mouren en aurait-t-il été élève ?
 
Tableaux et statues : la marque du « renouveau catholique »
Cinq petits tableaux « assez médiocres » ornèrent initialement le chœur. En 1836-1837, le gouvernement attribue à l’église le grand tableau de L’Adoration des mages de Jean-Joseph Dassy (1796-1865), peint à Rome en 1836 et exposé au Salon de 1837. Mais ses dimensions ne correspondent pas à celles des quatre autres toiles restées en place. Pour les remplacer, on commande en 1838 à Augustin Aubert (1781-1857) quatre grands tableaux de même dimension que l’oeuvre de Dassy, qui viennent l’encadrer : la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension et la Transfiguration. Ce bel ensemble se situe entre la Visitation d’Aubert à Notre-Dame-du-Mont (1827) et la réalisation des tableaux de Saint-Lazare, en particulier du triptyque peint par Dassy pour le chœur. Il témoigne de l’essor de la peinture religieuse marseillaise sous la Monarchie de Juillet, au temps du « renouveau catholique » qu’incarne à Marseille saint Eugène de Mazenod, qui a succédé en 1832 à son oncle.
 
La statue de la Vierge à l’Enfant, dite « Notre-Dame des malades », est une oeuvreundefined certaine d’Honoré Coder (1784-1845), artiste qui réalisa à Marseille de remarquables statues modelées en carton-pierre (la plus célèbre est l’Assomption de la Major). Deux autres effigies de très grande qualité pourraient être hypothétiquement attribuées à son atelier, saint Joseph et surtout saint Charles Borromée. Ce dernier serait digne de figurer dans une église d’Italie du sud, région où la technique du carton-pierre a produit des chefs d’oeuvre.
 
Orgues et musiciens célèbres
En 1831, les Gazeau construisent un premier orgue, remplacé en 1859 par un grand orgue romantique du célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll, le premier de cette prestigieuse maison parisienne à être introduit à Marseille. Il est inauguré par l’organiste de la Madeleine à Paris, Lefébure-Wely, le 18 avril 1859. Théodore Thurner en est le premier titulaire, auquel succèderont F. de Mol, Henri Messerer, Véra Gastine, Joseph Vidal…
En 1857, A. Cavaillé-Coll a également installé dans l’église un orgue de chœur, remplacé en 1883 par un autre instrument du facteur marseillais François Mader.
 
Un beau mobilier
Réalisé en 1891 par Jules Cantini, le maître-autel est une œuvre monumentale néo-baroque en marbre polychrome qui s’inspire fortement de l’autel des Bernardines (Dominique Fossaty, 1756), aujourd’hui dans l’église Saint-Cannat. La chaire à prêcher date de la même époque ; elle a été réalisée sur un dessin de l’architecte toulonnais Gaudensi Allard, frère d’André Allard, qui sculpta la fontaine Cantini.
Le XXe siècle est enfin honorablement représenté par deux statues, saint Yves (patron des avocats) et saint Antoine de Padoue de Louis Castex (1868-1954).
 
Des recherches à poursuivre
Trois tableaux ne sont pas encore documentés. Un Christ aux outrages et une Crucifixion de saint Pierre paraissent plus anciens que l’église (XVIIe siècle ?). Ils pourraient provenir d’un édifice conventuel disparu à la Révolution.
Un vaste Baptême du Christ en piteux état, au-dessus des fonts baptismaux, est considéré comme médiocre en 1869 par un auteur qui a dû y lire une signature, car il indique qu’il est de « Marchand ». Ce patronyme est assez courant, mais il ne serait pas impossible qu’il s’agisse de Joseph-Martin Marchand, artiste qui est surtout connu pour son portefeuille de dessins des monuments de Marseille détruits pendant la Révolution. Il habitait en effet à l’emplacement actuel de la Caisse d’épargne et mourut en 1845. Ce serait dans ce cas sa seule toile connue.
 
Ce beau sanctuaire mériterait une restauration intérieure soignée, respectueuse en particulier des décors en trompe l’œil de ses voûtes, analogue à celle que les Dominicains ont fait récemment réaliser dans le chœur de leur église.
 
Régis Bertrand 
et Jean-Michel Sanchez
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