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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 22:15
 

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Frères et Sœurs,

Toute l’homélie est résumée dans cette formule trinitaire. Ainsi en faisant le signe de la croix, mais plus particulièrement durant la messe, les formules trinitaires viennent nous rappeler que nous prions un Dieu unique, en trois personnes distinctes. Mystère de l’Eglise, qui très tôt, a voulu en préciser les termes, pour ne pas tomber dans l’hérésie.

Il nous faudrait étudier les premiers conciles de l’Eglise pour voir se préciser ces affirmations de foi. Pourtant les séparations, ont sali et déchiré la tunique sans couture du Christ, la lacérant en autant de lambeaux qu’il y avait d’affirmations erronées. Mais nombreux ont été les chrétiens à vouloir célébrer et attendre le retour du Christ avec un même credo, celui que nous chanterons dans un instant. Car le mystère de la Ste Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne.

L’année dernière, nous avions médité longuement sur les thèmes trinitaires, précisant que Dieu seul, peut nous en donner la connaissance, en se révélant comme Père, Fils et Esprit-Saint, comme il le fit au 18è siècle à la vénérable Anne-Madeleine Rémuzat.


L’Incarnation du Fils de Dieu, révèle que Dieu est le Père éternel, et que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire, qu’Il est en Lui et avec Lui, le même Dieu unique.

La mission du Saint-Esprit, envoyé par le Père au nom du Fils et par le Fils « d’auprès du Père », révèle qu’il est avec eux le même Dieu unique : et comme nous le proclamons : « Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire . »

Par la grâce du baptême, conféré au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, nous sommes tous appelés à partager la vie de la bienheureuse Trinité, ici-bas, souvent dans l’obscurité de la foi, et au-delà de la mort, dans la lumière éternelle.

La foi catholique consiste donc en ceci : vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité, dans l’Unité, … sans confondre les personnes, sans diviser la substance : car autre, est la personne du Père, autre, celle du Fils, autre, celle de l’Esprit Saint ; mais du Père, du Fils, et de l’Esprit Saint, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Inséparables dans ce qu’elles sont, les personnes divines sont aussi inséparables dans ce qu’elles font. Mais dans l’unique opération divine, chacune manifeste ce qui lui est propre dans la Trinité, surtout dans les missions divines de l’Incarnation du Fils et du don du Saint-Esprit. (C. E. C. n°261-267).

En essayant de vous faire un cours de « théologie accélérée », cela me permet de me souvenir, 45 ans en arrière, de ma vie spirituelle et de mes études théologiques, lorsque j’étais au Grand Séminaire St Joseph à Marseille. Venant des Hautes-Alpes, de Salérans, où le Cher Père Avril m’avait préparé à affronter l’adversité, je me penchais sur ce grand mystère, comme le fit en son temps St Augustin, sans bien comprendre qu’il fallait d’abord avoir la foi, pour ensuite goûter la présence des trois personnes divines qui, dans nos vies, animent nos existences.

Pour moi c’était le temps de la préparation à l’ordination sacerdotale et ce mystère trinitaire était important, car en étudiant l’Eucharistie et plus particulièrement le Canon de la messe, toutes les formulations trinitaires étaient affirmées par la liturgie de l’Eglise.

Nous avions longuement étudié ce canon romain,  venant des premiers siècles de l’Eglise, puis révisé et augmenté par les papes et plus particulièrement par le Pape  St Pie V, comme le lui avait demandé le Concile de Trente. Le 14 juillet 1570, il était promulgué, et pouvait être célébrées, mais sans jeter dans l’oubli ou interdire, les liturgies précédentes, qui avaient plus de 200 ans d’âge. Il faudra des années pour que tout se mette en place. Ainsi, dans l’Eglise universelle, et plus particulièrement européenne, des rites divers, comme le rite parisien, le rite lyonnais, le Rite Ambrosien, et même chez nous, à St Victor, le rite bénédictin, co-existaient.

Il faut lire St Vincent de Paul, pour se rendre compte du manque de pratique liturgique des prêtres des 17éme et 18éme siècles. En effet, écrit M. Vincent, l’un commence la messe par le Pater, l’autre ne disant même pas les paroles de la consécration, d’autres encore prenant des libertés, ce qui fit que Vincent de Paul, voyant l’urgence de la formation du clergé, préconisera une réforme totale et pour ce faire, ouvrit des séminaires où l’Ecriture Sainte, la Théologie, l’étude des sacrements et les réalités indispensables à la vie sacerdotale, seraient enseignées au clergé, pour sa sanctification et pour le bien du peuple de Dieu. Plus tard, le « best-seller » des lectures de séminaristes, le « Traité des saints Ordres », de Louis Tronson, en 1676, fera que le prêtre est maintenant, pour l’ensemble du corps social, un modèle de sainteté dans sa manière de marcher, de s’habiller, de parler, de dormir. Comme le Christ il est maître de lui-même, grave, pieux et attentif aux autres…

Comme vous le savez, il faudra attendre Dom Guéranger au milieu du 19éme siècle, pour inviter les diocèses, les prêtres et les évêques à mettre un peu d’ordre dans tout cela. Si des chrétiens de ce temps revenaient de nos jours, ils seraient étonnés devant la profondeur et la piété de nos célébrations actuelles, même si quelquefois on peut y trouver à redire.

C’est vrai, qu’étant encore séminariste, puis jeune prêtre, dans les années 1965-1975, je ne comprenais pas pourquoi les deux rits, celui du Concile de Trente, puis le même missel, rénové en 1962, par le bienheureux pape Jean XXIII et celui du Concile de Vatican II, ne pouvaient exister conjointement.

Ce fut une erreur, à mon humble avis, d’interdire d’un trait de plume, ce missel avec lequel des générations de prêtres et de fidèles s’étaient sanctifiés, et qui nous a été redonné par le Motu proprio, alors qu’il n’avait jamais été abrogé.

Il faudra quand même, revoir bientôt le calendrier et la célébration de la fête des saints, et également, à mon sens, le lectionnaire, afin de l’amplifier pour que le peuple de Dieu soit nourri de la Ste Ecriture, comme le fit le pape Pie XII pour la liturgie Pascale. Que de larmes et de dissensions, de jugements téméraires, de guerres larvées, de rejets dans notre Sainte église, de prise de position « théologico-politiques » stériles aurions-nous pu éviter. Surtout en France ! Car nombreux furent ceux qui s’éloignèrent sur la pointe des pieds ou  qui contestèrent radicalement les changements, se coupant de la Ste Eglise, du pape et du Concile, pour se faire les champions de la Tradition, comme si la grande Tradition de l’Eglise était fixiste et que l’on pouvait soi-même en fixer les normes !

Cette douloureuse expérience m’a permis de réagir et j’ai fait ce que j’ai pu, durant ces 40 ans de sacerdoce, pour rester dans la fidélité et l’obéissance à l’Eglise. Ce ne fut pas facile, mais l’Esprit-Saint aidant, j’ai avancé en tenant bon. Mais je dois le confesser, je revenais souvent de réunions ecclésiastiques, à la fois perplexe et étonné, car j’avais l’impression, en ce temps-là, que je faisais dans mes petites paroisses, le contraire de ce qui était dans le vent et à la mode ! Tout cela évidemment n’était pas dans le Concile, dont on se prévalait si facilement, réactions adolescentes qui perdurent encore malheureusement ! Puis vint le temps de l’apaisement, et bientôt celui de la réconciliation.

Les jeunes, qui dans un instant seront confirmés dans la foi de leur baptême, oints par le St Chrême du Salut, devront vivre dans notre Eglise, comme des témoins du Christ ressuscité. C’est ce à quoi le Père Laurent Grégoire vous a préparé durant votre retraite, et notre archevêque, Mgr Georges Pontier, compte sur vous et sur vos familles pour que vous rayonniez de votre foi en Christ ressuscité.

Frères et Sœurs, donnons-leur l’image d’une Eglise, d’une communauté fervente et aimante, aminée par l’Esprit du Seigneur qui restaure toute chose, comme le chantions le jour de la Pentecôte. Que l’Esprit-Saint nous montre le chemin qui conduit au Père, à Jésus son Fils, venu témoigner de son amour pour nous. Il a vécu sur notre terre, sur cette terre de Palestine. Il a prêché, donné son Corps et son Sang, s’est laissé conduire au supplice de la croix. Mis au tombeau, il est sorti du sépulcre, il est ressuscité d’entre les morts.

Avec les Chevaliers de Malte, et les Chevaliers et Dames du St Sépulcre, gardiens du tombeau de la résurrection, prions pour tous ces chrétiens, confortés dans leur foi en Christ, lors du dernier pèlerinage du Pape Benoît XVI.

Avec eux, soyons des témoins de la foi, en toute humilité, comme le rappelle la devise de St Charles Borromée. Lui aussi dut amener l’Eglise à se restaurer, à surmonter les épreuves et à en sortir victorieux, alors que beaucoup, en son temps, essayaient de l’empêcher de mener à bien la restauration de l’Eglise de Dieu.

Comme lui, n’ayons pas peur, bien au contraire ! L’Esprit de Dieu est sur nous, le Christ est avec nous, le Père nous fait signe et nous bénit. Que craindre ? C’est la joie qui doit prédominer !


La joie et l’action de grâce, puisque vous avez voulu avec moi, remercier le Seigneur pour ces 40 ans de sacerdoce. Oui, je suis dans la joie et la sérénité, car depuis que j’ai reçu l’imposition des mains, jamais je n’ai regretté le pas que j’avais fait, et malgré les difficultés, j’ai toujours fait confiance à Marie, que nous vénérons ici sous le vocable de Notre-Dame des Infirmes.

Que Marie nous aide, en ce dimanche de la Trinité, à percevoir quelle route emprunter, pour qu’elle nous conduise, sans détours, vers la sainteté de Dieu, afin que nous devenions nous-même des saints. Amen.

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Après le chant du Credo, confirmation de

Blandine Scemama - Jean-Guillaume Scemama 

Jeanne Neviaski

                                              Photos : V. G. 

 

Un grand merci à tous : chorale, organiste, sacristains, organisateurs, servants de messe, etc... et évidemment au Père Laurent Grégoire qui à eu la charge de préparer cette belle célébration. Une image souvenir à même été proposée aux fidèles au sortir de cette messe solennelle et lors du vin d'honneur. Encore tous mes remerciements. Mgr Ellul. 

 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 18:32

Soyez joyeux dans l'espérance, patients dans la tribulation, persévérants dans la prière.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes biens chers frères, la liturgie de ce dimanche reprend cette recommandation de Saint Paul dans son épitre aux Romains, et l'adresse a tous les Baptisés comme une devise devant guider et éclairer leurs vies chrétiennes.

L'Eglise fait sienne aujourd'hui les paroles de l’Apôtre, elle les fait résonner dans sa Liturgie afin qu'elles habitent notre coeur et notre esprit, afin qu'elles soient pour nous comme une règle de vie: Soyez joyeux dans l'espérance patients dans la tribulation, persévérants dans la prière.

La joie appartient essentiellement a la vie chrétienne, la joie fait partie de notre vie chrétienne.

Non pas une joie superficielle et instable, non pas une joie fragile, sans cesse soumise aux caprices de notre nature humaine, mais une joie fondamentale, une joie profonde qui s'enracine dans les paroles mêmes du Christ: Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

Le motif de notre joie est surnaturel, le motif de notre joie a la solidité et la pérennité de ce qui vient de Dieu.

Or l’espérance est justement cette vertu que Dieu a déposée en notre âme au jour de notre baptême, afin qu'elle nous accompagne tout au long de notre pèlerinage sur la terre, afin qu'elle éclaire notre vie terrestre et nous rappelle sans cesse que nous avançons vers Dieu, et que pourvu que nous restions fideles à ses enseignements, nous le verrons un jour face a face.

Non seulement l'espérance nous rappelle cette vérité, mais, appuyée sur la foi, elle nous en donne l'assurance - et une assurance si ferme, que nous pouvons répéter, à la suite de Notre-Seigneur : Notre joie personne ne pourra nous la ravir.

Non, mes biens chers frères, personne ne pourra nous ravir cette joie surnaturelle de se savoir créés par un Dieu qui nous aime, accompagnes par un Dieu qui nous aime, attendus par un Dieu qui nous aime.

Certes, cela ne supprime pas les difficultés, les souffrances ou les angoisses qui peuvent assaillir nos existences, mais celles-ci restent alors des tempêtes de surfaces, incapables de troubler la paix et la joie qui règnent au plus profond de notre âme. Celles-ci sont d'un autre ordre.

L'espérance est ainsi la vertu des voyageurs, la vertu de la terre. Au Ciel nous n'aurons plus l’espérance car alors nous posséderons ce que nous désirions.

Mais tant que nous ne sommes pas arrives au terme, tant que nous ne sommes pas dans la lumière de Dieu, l’espérance nous accompagne et nous fait traverser les épreuves et les doutes de cette vie, en gardant les yeux fixés vers le Ciel.

Elle seule peut nous donner la force, comme nous le demande encore Saint Paul, d'être « patients dans les tribulations ».

Dieu a voulu que le Salut du monde passe par les tribulations, les souffrances et la mort.

Le Christ aurait pu nous sauver sans souffrir, la vie du Christ aurait pu se dérouler entre Noel et l'Ascension, sans passer par la passion, la mort et la résurrection.

Mais Dieu a voulu souffrir, Dieu a voulu connaitre la souffrance, non seulement pour lui donner un sens, mais pour la rendre féconde, pour lui donner une force et une puissance qui n'appartiennent qu'a elle.

Dieu a voulu que le sommet de l'amour coïncide avec le sommet de la souffrance.

Et c'est désormais une loi de l'amour d'être purifie, d'être affiné par les douleurs acceptées et offertes.

Cela ne signifie certes pas qu'il faille demander à Dieu de nous envoyer des épreuves, mais cela signifie qu'il nous faut demander dans la prière suffisamment de foi et de force pour accepter et offrir les souffrances que Dieu permettra que nous rencontrions.

Si souvent nous souffrons comme des païens, si souvent nous gaspillons nos souffrances, c'est-a-dire qu'elles n'occasionnent chez nous que plaintes et gémissements : nous oublions qu'elles peuvent être rédemptrices pourvu que nous les unissions à celles du Christ.

Mes biens chers frères il importe de « christianiser » nos peines, c’est-à-dire de leur donner la puissance et la richesse que le Christ a voulu leur communiquer en mourant sur la croix.

Certes cela n'empêchera pas la souffrance de brûler notre coeur, cela n'étouffera pas nos larmes et nos sanglots mais ceux-ci ne seront plus vains, car alors nos souffrances auront non seulement un sens, mais une « efficacité ».

Et toutes les difficultés et les épreuves de cette vie peuvent ainsi nous rapprocher de Dieu pourvu que nous les acceptions et les offrions à Celui qui a voulu leur donner un prix.

Enfin, mes biens chers frères, tout cela ne sera possible que si nous faisons notre le troisième conseil de l'Apôtre : « soyez persévérants dans la prière ».

La prière conditionne toute notre vie chrétienne, la prière est la respiration de notre âme.

Sans elle nous vivons loin de Dieu, sans elle Dieu nous est inconnu et lointain.

Par la prière nous dialoguons avec Dieu, nous parlons a Dieu, nous l'écoutons dans le silence de notre âme, nous vivons habituellement près de lui.

La prière entretient la vie de notre âme, elle nous fait vivre «sous le regard de Dieu ».

Aussi, demandons aujourd'hui la persévérance dans la prière, demandons a Notre-Dame de nous aider à prier tous les jours, dans la joie ou dans les larmes.

Comprenons que de notre prière dépend toute notre vie, comprenons qu'elle est vitale: sans elle il nous est impossible de rester près de Dieu, de vivre selon ses commandements, de rester dans son amitié.

La prière prolonge nos communions, elle entretient en notre âme la vie de la grâce, la vie de Dieu.

Aussi, que nous ne passions pas un jour sans parler à Dieu, sans lui confier notre journée, sans lui rendre grâce, sans lui demander pardon.

Mes biens chers frères, seule la prière nous permet de vivre réellement avec Dieu, seule elle nous permettra de connaitre cette joie dont nous parle Saint Paul et de traverser les peines de cette vie avec foi et patience.

Aussi demandons à l'Apôtre de nous donner sa force et sa constance pour suivre les conseils qu'il nous donne aujourd'hui et vivre des ici bas dans la paix de l'âme et la joie de Dieu. Ainsi soit-il.

P. Benoît PAUL-JOSEPH

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 20:08

Homélie pour le 4ème dimanche de l'avent
21 décembre 2008 – Paroisse St Charles

 

Frères et Sœurs,

 

        Alors que les cieux répandent leur rosée, comme le rappelle l’Introït, avec ce magnifique « Rorate Caeli desuper », viennent d’en haut les nuées d’où va pleuvoir le Juste. Il est temps de  nous lever, de se laisser aider par la force irrésistible du Sauveur. Mais pour bien recevoir cette grâce de la naissance du Rédempteur, il nous faut scruter nos âmes, regarder nos vies et demander le pardon de nos fautes, pour célébrer dignement la Naissance de l’Enfant-Dieu.

L'apôtre Paul dans l’une de ses lettres écrit que : "C'est le moment : l'heure est venue de sortir de notre sommeil... La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière..."

        Nous venons de vivre dans la prière, ces quatre dimanches remplis de paix et de lumière où Dieu se fait tout proche dans sa miséricorde et dans sa tendresse. Et voilà que sa grâce se répand dans nos cœurs, car par le message de l'ange Gabriel, il fait connaître à Marie, l'Incarnation de Jésus son Fils bien-aimé.

Désormais, c'est Dieu, qui envoie son fils en ce monde. Il vient parler en son nom. Plus besoin de signes extraordinaires, d’appels des prophètes. Dieu se révèle dans l'immédiateté de nos vies, et lui-même nous donne un signe : "voici que la jeune femme, l'Alma, est enceinte, et qu'elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, car Dieu, désormais est avec nous"...

        Mais Joseph doute ; il veut répudier Marie en secret. Comment comprendre ce que Dieu veut ? Oui, comment comprendre avec nos catégories, nos mentalités, nos petitesses, nos doutes ? Le songe de Joseph peut aider à notre recherche de Dieu. Car nous aussi, nous doutons, nous nous posons des questions, nous recherchons, sans vraie liberté quelque fois, et sans que Dieu, croyions,  vienne nous parler en songe !

        Souvent, nous ne comprenons plus rien... et l'on se prend à penser qu'avant... bien avant... disent certains, tout était bien plus facile. Et puis ne sommes-nous pas emportés par un tourbillon de vitesse, de bruits, de radios, télés, satellites, d’Internet ; tout semblerait s'interposer pour nous cacher Dieu ?

Mais penser cela, c'est penser que Dieu ne peut plus nous parler, que nous sommes incapables de l'entendre. Nous avons toujours tendance à le rechercher et à le vouloir le trouver là où il n'est pas !

Car Dieu, qu'on le veuille ou non, est au cœur de ce tourbillon de vie ; il est là présent, mais discret, caché en bien des personnes, des apparences, des manques, des doutes, des peurs, des rejets, du cynisme, du racisme ... Il est là, en pleine vie, et il prend corps en chacun de nous, et nous, nous le recherchons toujours là où il n'est pas.

Alors ? Qui est Dieu pour nous ? Est-il ce Dieu de terreur, ce Dieu vengeur, nous aliénant jour après jour? Le voyons-nous comme un boutiquier, répertoriant nos fautes, aimant nos répétitivités stériles, nos manques d’amour, nos rancœurs ? Aime-t-il nos enfermements, nos aliénations, notre orgueil à nous reconnaître toujours les meilleurs, les plus justes, au regard de ceux que nous disons s’être fourvoyés ? Vous me direz, voilà bien des questions en ce temps de préparation à Noël ! Mais nous devons nous poser ces questions ! Car ou est-il l'Amour, la Tendresse ou est pour nous le Père des Miséricordes, de la mansuétude ? Comment le prions-nous ? Surtout, l'écoutons-nous, nous parler au cœur et nous dire son amour, nous demander de pardonner, de ne pas juger ? Alors, où en sommes-nous ?

        Ces questions je les pose à moi-même évidemment et à notre paroisse en cette dernière semaine de l'Avent, non pas pour vous entraîner dans une spirale de haine, bien au contraire, mais pour nous provoquer tous à une prise de conscience spirituelle.

Il me semble, toutefois que la majorité d'entre nous n'en pas besoin. Car vous avez suivi ces quatre semaines de l’Avent, avec attention et respect, dans la prière confiante, recevant de nous, prêtres, ce que nous vous annoncions de la part du Seigneur. Je vous ai gardé dans ma prière et en chacune de mes méditations, dans le silence de l’Adoration au Christ dans l’Eucharistie ; je vous ai porté tous et un chacun, d'une manière toute particulière auprès de lui, demandant pour vous, grâce, acuité spirituelle, pardon pour vos péchés, lumière pour votre âme, lumière sur la route de votre vie.

Nous vous avons donc proposé de convertir votre cœur, nous vous avons donné le goût de la conversion, vous proposant de rejeter le péché... mais également les moyens d'entrer et de parcourir cette route spirituelle comme le propose l’Evangile de ce jour : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route… afin que tout homme voie le sauveur envoyé par Dieu ! » Bonne chance et courage, Frères et Sœurs, sur le chemin de notre conversion et déjà belles et saintes célébration de Noël dans la joie et la paix.   Amen.

Mgr. Ellul

 

       

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 07:47
Paroisse Saint-Charles 26 octobre 2008


Frères et Sœurs,

            Nous célébrons dans la joie ce dimanche du Christ-Roi de l’Univers. « Pour avoir été mis à mort, l’Agneau sans tâche mérite de recevoir les attributs du Roi : puissance, divinité, sagesse, force et honneur. A Lui gloire et puissance aux siècles des siècles… Car il est le Principe et la Fin, Premier-né de ceux qui sont ressuscités d’entre les morts. (Col. 1,18)

Et St Paul précise que le Ressuscité, comme premier-né est le principe du Royaume de Dieu sur la terre. Et lui-même il en est le Roi.

Cette liturgie solennelle s’inscrit dans la récapitulation du mystère chrétien… Elle se veut le couronnement de tout ce que nous avons cherché durant l’année liturgique, demandant au Seigneur grâce et miséricorde, car souvent nous « traînons les pieds » sur la route de la conversion, alors que nous devrions être comme « des elfes », élancés vers sa gloire, sa puissance d’amour et sa royauté.

Dans l’Evangile de St Jean que nous venons de proclamer, il y a dans ce texte toutes les clefs de la compréhension de cette fête.

Lorsque Jésus fut crucifié, on a placé sur le poteau de la Croix, au-dessus de sa tête couronnée d’épines, un texte écrit en grec, en latin et en hébreu signifiant : « Celui-ci est le Roi des Juifs. » (Lc 23,38).

Le titre « le roi des juifs » se référait dans la conscience qu’avait Israël en ce temps-là, à la tradition des rois qui étaient à la tête de leur nation et faisait immédiatement penser au plus grand d’entre eux, le Roi David, dont l’onction comme roi est évoquée dans le Livre de Samuel. Mais l’inscription « Roi des Juifs », est surtout le chef d’accusation, que les membres du Sanhédrin, ont présenté à Pilate contre Jésus. L’accusation est fausse, car Jésus à répondu à Pilate : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont dit de moi ? » ; ce titre lui fut attribué comme moquerie. Et pourtant l’un des condamnés lui demandera d’être introduit dans son Royaume et Jésus lui répondit qu’il serait avec lui dans le Paradis après sa mort.

C’est par la Croix et la Résurrection que le Christ est Roi, et il est le Premier-né de ceux qui sont ressuscité d’entre les morts et par-là, il confirme sa primauté sur toutes choses. Elles lui appartiennent depuis l’origine, car il est l’image du Dieu invisible, il est le premier-né de toute créature. Il est donc Roi par nature et son Royaume a été inscrit dans l’œuvre même de la création. Il précède toute créature et par lui et en lui, dans son Royaume nous sommes marqués de son sceau. Il règne, non comme un roi de puissance, mais comme un roi d’amour, car son Royaume n’est pas terrestre, il n’est pas de ce monde. Il est venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. C’est pour cela qu’il a été crucifié, et par la croix il est devenu le Christ-Roi ; cette croix et le mystère de la Rédemption, lui ont obtenu de régner sur toutes choses comme St Paul nous le rappelle.


A nous d’écouter sa voix, à nous d’entendre ses paroles et les faire nôtres, en pratiquant ses commandements d’amour. Le Christ Jésus est terme de notre histoire humaine. Il est aussi le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les cœurs et la plénitude de toutes nos aspirations. C’est pour cela que jour après jour, nous nous efforçons de tout faire, « afin de tout instaurer en Lui, et ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » comme le dit St Paul dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse, et comme nous le recommandait, en son temps, le Pape St Pie X.

Frères et Sœurs, bonne fête du Christ-Roi de l’Univers. Que la méditation de ces textes de la Parole de Dieu vous soit profitable, et j’ose espérer que nous n’en resterez pas seulement aux « péricopes » proposées par votre missel, mais que chez vous, vous irez ouvrir la Parole de Dieu, pour relire et pour méditer dans le contexte, cet Evangile de St Jean et cette magnifique lettre aux Colossiens, comme le recommande le Synode qui s’achève à Rome sur « La Parole de Dieu dans nos vies. » Nous devons en connaître les textes sinon par cœur, du moins par le cœur…

Car nous ne sommes pas seulement des spécialistes en rubriques liturgiques, ou en répétitivité antérieure, même si cela reste beau et pour certains, comme l’essentiel… Nous sommes aussi des catholiques fervents, remplis de l’Esprit-Saint, méditant les paroles de Jésus le Christ, aimant son Eglise qui est l’Eglise catholique et le pape Benoît XVI, notre diocèse et notre archevêque, conscients de nos responsabilités pastorales, devant rayonner de l’amour du Christ dans tous les actes de notre vie chrétienne, familiale, personnelle, professionnelle.

C’est à cela que l’on nous reconnaîtra comme de vrais disciples de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et non comme ceux qui ayant regardé leurs visages dans un miroir, oublient l’instant d’après, leurs effigies.

Marqués du sceau du baptême, confirmés par l’Esprit, communiant au Corps du Christ, allons à la rencontre du Seigneur dans l’amour et la paix, et que notre communauté de Saint-Charles, grandisse et s’amplifie. C’est là mon vœu le plus cher.

Après un an de présence parmi vous, je voudrais vous remercier de m’avoir si bien accueilli, fait confiance, apporté aide et soutien, comme vous le faites quotidiennement avec le Père Laurent Grégoire qui porte, lui le poids du jour et de la chaleur et à qui je dis ma gratitude et ma reconnaissance.


Nous sommes sur la bonne route, le Seigneur est content de votre exemple et de votre charité.

Je vous en prie… de sa part, continuez ainsi ; montrez et témoignez l’amour et la charité que vous avez les uns pour les autres, et que la Vierge Marie, notre Mère nous garde sous son regard et le regard de son Fils, le Christ-Roi de l’Univers.

Amen.

 

 

 

       

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 16:29


Exaltation de la Sainte Croix.

Paroisse St Charles - 14 septembre 2008 - Messes de 9h et 10h 30.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

S’il est un signe, le signe de la Croix que nous venons de faire sur nous, avec grande dévotion, c’est bien aujourd’hui qu’il faut le faire. Ce signe de la croix, est notre fierté, comme le dit St Paul dans la lettre aux Galates et dans l’Introït que nous avons chanté : « Pour nous, toute notre gloire est dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, par qui nous avons été sauvés et libérés. » Gal 6, 14.

Ce signe de la Croix rythme notre quotidien. Du début de la journée, jusqu’au coucher, la Croix nous rappelle que le Christ est mort sur elle, une fois pour toute, afin de nous libérer du péché et de nous introduire, par sa résurrection, dans la vie éternelle. Dès le sacrement de baptême, notre front et notre poitrine ont été marqués par la Croix du Christ, elle est là au moment ultime où le prêtre  dit : « Je te baptise, au nom du Père, du Fils et du St Esprit. Là encore, tracée sur notre front avec le St Chrême, ce signe nous signale que nous sommes configurés au Christ.

Et après notre vie terrestre, marquée par la joie de la rencontre avec Christ et l’Eglise, mais également par les croix de la souffrance, de la maladie, de la solitude et du péché, nous serons introduits, par les prières des funérailles, mais aussi accompagnés par l’eau bénite, tracée en signe de la Croix sur notre dépouille mortelle, rappel de notre baptême et par l’encens, dans l’intimité du royaume, accueillis par les fruits de la rédemption du Christ, dans sa sublime lumière.

Cette fête vient souligner, mais vous le savez déjà, la découverte par St Hélène de la Croix de Jésus ; c’est aussi le rappel de la dédicace, en 335, de l’Eglise du Saint Sépulcre de Jérusalem et le retour de la Sainte Croix, rendue par les Perses en 629. Liturgie triomphante, elle célèbre les trophées de la rédemption.

La semaine dernière, le Christ nous demandait d’aimer notre prochain comme nous même. Dans la semaine, nous avons d’ailleurs relu dans l’évangile de St Luc, la péricope de la poutre et de la paille. Et je réalisais une fois encore, que souvent nous « regardons » ce qui nous dérange dans l’autre, qui est créature, créée à l’image de Dieu, le jugeant, sans regarder la poutre qui est dans notre œil.

Esprit faux, dit Jésus, enlève d’abord la poutre de ton œil, puis après tu pourras parler à l’autre en charité. En fait, il nous faut être dans les sentiments du Christ Jésus. Lui qui était dans la condition de Dieu, il ne revendique pas d’être son égal. Bien au contraire, il s’anéantit lui-même et prend la condition d’esclave. Même, il se fait semblable aux hommes. Pensons un instant que le Logos, le Verbe de Dieu, se fait l’un des nôtres, et ainsi la Parole incarnée, dira le Pape Benoît XVI, avant-hier aux Bernardins, cette parole s’incarne, montre et parle de Dieu. Et c’est Dieu lui-même qui communique avec nous. Un Dieu d’amour qui aime tous les hommes et les recherchent. Oui, Dieu prend l’initiative, et nous, nous ne le voyons pas, tant nous sommes pris par nos idoles de toutes sortes. Il faut donc rejeter le péché, nous faire obéissant, comme le fit le Christ Jésus, afin qu’un jour nous aussi nous soyons exaltés, c’est-à-dire, configurés, mis en présence de celui qui a donné sa vie pour nous.

Oui, élevé de terre, le Christ attire à lui tous les hommes et nous avec. Il est là présent au milieu de nous, par sa Parole et par son Eucharistie, Saint-Sacrifice de la messe que nous célébrons en ce dimanche. 

« Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ. Depuis déjà vingt siècles, le Seigneur ressuscité se donne à son peuple... Entourons donc de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Eglise et à toute l'humanité. »

La messe,  a poursuivi hier le Pape Benoît XVI, sur l’esplanade des Invalides, "est le sacrifice d'action de grâce par excellence, celui qui nous permet d'unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur... La messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l'Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l'écoute de l'esprit du mal. »

         « Elever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n'est-ce pas précisément le meilleur moyen de fuir les idoles, comme nous le demande saint Paul ? »

Chaque fois qu'une messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Eglise, c'est l’œuvre de notre salut qui s'accomplit... Lui seul nous apprend à fuir les idoles, mirages de la pensée".

Mais, s'est exclamé le Saint-Père, "qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre?"

Et Benoît XVI a lancé "un appel à la foi et à la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale. N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ ", leur a-t-il dit.

"Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Eglise ! L'espérance demeurera toujours la plus forte ! L'Eglise, bâtie sur le roc du Christ, possède les promesses de la vie éternelle, non parce que ses membres seraient plus saints que les autres hommes, mais parce que le Christ a fait cette promesse à Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle".

Ces forces du mal, pas très nombreuses, ont eu beau se faire jour, pour dénoncer un Pape timide et professoral, ayant peur des foules ou le comparer à Jean-Paul II, il n’en reste pas moins, que le peuple de France, du moins ceux qui étaient à Paris et à Lourdes et qui nous représentaient, relayés par les nombreux fidèles qui devant leurs postes de télévision, ont suivi le St Père, ont été des témoins de la foi, des témoins tellement nombreux que les commentateurs, car je ne regardais pas KTO, mais une chaîne nationale, ne pouvaient, malgré quelques commentaires acerbes, ne pouvaient pas ne pas se rendre compte de la foi de tout un peuple qui acclamait le Pape et célébrait avec lui. Certains ont même essayé ou voulu minimiser ces rassemblements, face à ceux de l’Islam ou à d’autres religions spiritualistes, mais les catholiques ont fait la démonstration de leur force et de leur foi profonde.

Même si l’on a cherché çà et là dans la foule des fidèles des intervenants aux commentaires non-conformes, d’autres, dont on tronquait d’ailleurs les réponses, ont affirmé, haut et fort leur foi en Christ ressuscité et en l’Eglise Une, Sainte, Catholique et apostolique. Et cela est pour nous tous, une grande espérance et une grande fierté.

Frères et Sœurs, célébrons dans la joie et dans la paix cette fête de l’Exaltation de la Ste Croix du Seigneur Jésus, et prions en ce dimanche, unis au Pape Benoît XVI qui célèbre à Lourdes, devant la grotte de la Vierge Immaculée, pour les vocations, pour la paix dans l’Eglise et les uns pour les autres.

Oui, la lumière est venue dans le monde, illuminer de ses feux toute notre vie. Cette lumière, c’est le Christ, comme nous le chantons le soir du Samedi Saint, durant la Veillée Pascale : « Joyeuse lumière, Parole éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ. » Oui, Seigneur Jésus, avec toi et en toi, nous voulons rester des enfants de la lumière, pour illuminer tous ceux qui attendent cette lumière dans le monde. Aide-nous, avec Marie ta Mère, à être ces foyers ardents de lumière et de charité. Amen.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

                                                                         Mgr Jean-Pierre Ellul.

 

 

 

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 17:28

 7 septembre 2008
+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Frères et Sœurs,

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton âme et de tout ton esprit. Voilà la premier des commandements, et le second lui est semblable :  Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Ce commandement de l’amour, bien difficile à mettre en pratique, nous est rappelé par le Christ Jésus.  Merci à ce légiste de poser la question. De siècles en siècles, la réponse de Jésus permettra à des milliers d’hommes et de femmes de témoigner, d’être les martyrs de cet amour partagé, en donnant leur vie pour lui. C’est ce à quoi on reconnaissait les premiers chrétiens et dans Marseille, ils furent nombreux, connus ou inconnus à ensemencer, à empourprer notre sol, Lazare, Volusien et Fortunat, Victor et ses compagnons, ainsi que les martyrs anonymes de la rue Malaval, ensevelis dans le sol de l’antique église St Etienne.

A notre tour d’être des témoins ! C’est ce que nous mettons en pratique jour après jour, vivant sous le regard du Christ, évitant le contact de l’esprit du mal, du démon, comme le rappelle la collecte de cette messe du 17ème dimanche, pour nous attacher avec un cœur pur, au Seigneur notre Dieu. Et Saint Paul, alors qu’il est en prison, demande aux Ephésiens de vivre une vie digne et belle, d’être fidèles aux promesses de leur baptême.

Imaginez un instant, que nous vivons, nous aussi dans l’humilité, la mansuétude et le partage. Que nous nous supportions les uns les autres avec amour et générosité ! Que nous conservions entre nous l’unité dans l’Esprit ! Ce serait le monde à l’envers ! Plus de critiques entre nous. Plus de jalousies, de calomnies chuchotées dans le secret de l’oreille, pour affaiblir l’autre et le détruire, le rendre méprisable, le soupçonner, tout en lui souriant, comme si nous l’aimions vraiment. Est-ce possible de mettre cela en pratique ? Oui, nous le pouvons.

Voilà ce à quoi nous provoque l’amour du Christ. Nous avons été appelés, par notre baptême à mener une vie digne d’enfants de Dieu où le péché, la haine, l’injure doivent faire place à l’amour et à l’attention que nous devons porter aux autres, qui sont nos semblables. Nous oublions trop souvent cette phrase importante du Notre Père : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardons nous-même à ce qui nous ont offensés… » Oui, nous oublions cette phrase du Notre Père, tant nous nous sommes habitués à la réciter, sans la prière vraiment.

Ne pensez pas que je ne mette pas dans le lot des médisants et des pécheurs. Moi-même, si ne je prends garde, je tombe souvent dans ce travers. Mais l’Esprit-Saint est là pour nous aider, pour nous reprendre, et voyez combien d’efforts nous faisons pour nous conduire selon notre vocation de baptisés.

Et nous avons raison de faire attention. Car nous devons être et devenir une communauté exemplaire, où l’amour, le partage, le don de soi, doivent être toujours premiers.

Pourquoi ? Mais parce que nous sommes du Christ, et que nous l’avons chanté dans l’Introït : « Heureux ceux qui sont purs en leurs voies et marchent dans la loi du Seigneur. » (psaume 118).

Oui, Frères et Sœurs, mettons en pratique le commandement du Seigneur, car c’est sur lui que reposent toute la Loi et les Prophètes. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le Seigneur Jésus à sa Passion. Trois ans de prédications, de miracles, de témoignage, de pardon… Que l’on se rappelle la guérison de l’aveugle-né, le père qui pardonne à son jeune fils, la femme adultère… Lui qui avait semé tant d’amour, il récoltait tant de haine. Trois ans durant, il n’a cessé de rappeler ce commandement, jusqu’à l’ultime où sur la croix, il a pu encore dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Nous-même, par nos prières, nos sacrifices, notre vie donné au Seigneur, nos comportements, nos paroles et nos actes, montrant que nous sommes du Christ.

A la fin de cette Eucharistie, dans la prière de la Postcommunion, nous dirons : « Que vos mystères qui sanctifient, opèrent en nous la guérison de nos vices et nous apportent un remède d’éternité. » Oui, Seigneur, nous souscrivons à cette prière que nous faisons notre, et qui accompagnera et soutiendra la prière de toute notre semaine.

Que Marie, la Mère du bel amour, dont nous célébrerons la Nativité demain, nous donne ce surcroît d’amour qui nous permette de convertir nos vies, pour vivre sous le regard de celui qui nous dit : « Tu aimeras ton prochain, comme toi-même. »

Le dimanche 14 septembre, et donc dimanche prochain, en la fête de la Croix glorieuse, nous méditerons sur ce commandement et nous verrons comment mieux aimer Dieu, pour mieux nous comporter et pour mieux aimer les autres.

+ Au nom du Père et Fils et du St Esprit. Amen.      Mgr Jean-Pierre Ellul

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 17:46
  

Homélie
du P. Laurent GREGOIRE de FRELIBERT
en la Fête de St Joseph Artisan...



                       Le Pape Pie XII à instauré en 1955 cette fête. Il n’exalte pas une idée : celle du travail et des travailleurs, mais une personne : St Joseph qui est un modèle offert aux chrétiens, un protecteur de leur travail offert et toujours à offrir chaque matin. Ce que nous faisons, nous devons le faire comme un devoir d’état qui plait au Seigneur. C’est ainsi que nous voulons faire régner le Christ concrètement dans notre vie de chaque jour.

L’horizon de St Joseph c’est son atelier où il travaille le bois pour vivre et nourrir sa famille, c’est sa maison où demeurent la Vierge-Mère et l’Enfant-Dieu. La vie quotidienne voisine avec le mystère du salut et de la rédemption. L’Esprit de la maison de St Joseph est l’esprit même des béatitudes évangéliques.

La maison de St Joseph est comme un jardin fermé aux grandeurs terrestres : « hortus conclusus ». C’est une petite maison où l’extraordinaire n’est pas à voir mais à méditer.

Dans cette chaumière, dans cette famille de Nazareth dont il est le chef, il y a (comme dans la Ste Trinité incréée) unité de pensées, unité de volontés, communication de mutuelles affections. St Joseph est l’objet commun de l’amour de Jésus et de Marie.

St Joseph vit dans le monde, il travaille, reçoit ses clients, livre ses commandes. Il vit pourtant hors du monde et du bruit dans le silence et la prière. Il gagne la vie du Sauveur. Il nourrit Celui qui est la seule Vraie Nourriture. Il protège celle qui nous protège. Il a le privilège avant et après ses journées de serrer contre lui, sur son cœur, l’Enfant qui est venu faire toutes  choses nouvelles, de recevoir le sourire radieux de Notre Dame. Il n’est pas père et il est vraiment le modèle de tous les pères ; il n’est pas époux et il est vraiment le modèle de tous les époux.

Dans cette maison où le Verbe se fait chair, tout se passe en plénitude selon l’Esprit. Et selon l’Esprit vivifiant de Dieu  St Joseph est vraiment l’époux de Marie et vraiment le père de Jésus.

Il est vraiment, il est en vérité, car dans sa maison habite le chemin, la vérité et la vie.

Demandons-lui ce soir son secret, demandons-lui ce soir le fruit de son silence, demandons-lui ce soir la force de son attachement à Jésus notre frère et à Marie notre Mère.

Au nom de la Trinité incréée. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

Amen !

                                                     P. Laurent Grégoire de Frélibert ,
                                                                                       Chapelain

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 09:49

Mgr. Georges PONTIERMesse chrismale   -  lundi 17 mars 2008

 

Homélie

 

Il est dans la liturgie de ce jour une belle expression pour désigner le Christ : l’unique source du salut. Ce qui caractérise une source, c’est le fait qu’elle donne et se donne. Si elle s’arrête de donner, elle n’est plus une source. Une source donne et ne cesse de donner.

Il faut même dire qu’elle se donne. Car ce qu’elle donne, c’est elle-même. Elle communique ce qu’elle est, généreusement, à tous ceux qui s’en approchent sans distinction d’aucune sorte, sans même se soucier de ce qu’on fera d’elle qui ne cesse de se donner. Son eau sera-t- elle salie, polluée, respectée, partagée ? Elle se donne avec confiance, elle ne sait que donner. S’arrêter de donner, c’est ne plus être source. Ce qui la caractérise vraiment, c’est bien d’être don généreux, c’est bien de se donner.

 

Jésus, le Christ, Unique source du salut !

 

Nous le savons ou plutôt nous le croyons, Il n’est que don : Il est don du Père et ne cesse de donner au Père son amour filial. Il n’a rien en propre. Il ne garde rien pour lui. Tout ce qu’il est, tout ce qu’Il a reçu du Père, Il Le lui retourne et le donne. Le Père et le Fils nous communiquent l’Esprit de vie et d’amour qui les unit. Oui, cette source de vie et d’amour s’est ouverte sur l’humanité. Elle ne cesse de donner parce qu’elle est vraiment source de toute vie et de tout amour. Dieu n’est que don et ne sait que donner et se donner Lui-même.

 

Et le Seigneur Jésus est venu sauver cette source qui avait été comme polluée par le péché de l’homme, détournée, rejetée. Durant sa vie, Il l’a fait couler pour le bien des petits et des pauvres, des prisonniers et des malades, des étrangers et des aveugles. Il abreuvait les cœurs assoiffés, guérissait les corps meurtris, réconfortait les esprits découragés. « Te voilà guéri, lève-toi et marche, je ne te condamne pas, va et ne pèche plus, tes péchés sont pardonnés. » Il ne soignait pas les corps sans guérir les âmes et il ne guérissait pas les âmes sans soulager les corps. Il est venu nous apprendre à faire de nos vies des sources, comme la sienne, pour que jamais ne se tarisse en nous le goût de vivre, la joie de se donner. Il nous a appelés à la vie pour cela.

Et voilà que sur la croix est révélé ce mystère par ce coup de lance inutile, « les soldats, voyant qu’il était déjà mort ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau ». Et nous voyons là signifiée pour nous l’origine de cette source inépuisable : le cœur du Christ, l’amour insondable de notre Dieu dont nul ne peut connaître « la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur », selon les mots de Paul aux Ephésiens.

 

 Dans sa bonté, le Seigneur Jésus a voulu que cette source continue de couler jusqu’à la fin de l’histoire par les sacrements de l’Eglise, véritable corps du Christ, corps donné pour l’humanité. Les sacrements sont là, célébrés pour rejoindre tous ceux et celles qui s’en approchent. Ils soulagent les corps et illuminent les cœurs. Ils guérissent les ténèbres des peurs multiples. Ils ouvrent à la confiance et à la fraternité. Ils irriguent les cœurs renfermés et les ouvrent à l’espérance qui ne trompe pas.

 

Et voilà, mes frères, que les ministres ordonnés, les prêtres et les diacres, sont au service de cette source pour en conduire les flots sauveurs jusqu’à tout être humain, en exerçant en communion avec leur évêque leur ministère au service de tous. Vous le savez bien ! L’eau du

 

baptême, l’onction d’huile sur les malades, la parole du pardon, le corps et le sang du Christ donnés en nourriture, l’huile des catéchumènes, la Parole de Dieu partagée, enfin tous ces gestes sacramentels qui donnent accès à cette source de vie que nul ne peut s’approprier, mais que chacun peut recevoir à la mesure de son humilité et de son désir. Et si nous sommes comme mis à part dans ce corps, ce n’est pas pour nous mettre en dessus des autres membres, mais pour rendre le service de rappeler que la source vient d’ailleurs, ne vient pas de nous, nous précède, nous donne vie et que cette vie se reçoit comme le don le plus merveilleux d’un  amour partagé.

 

Dans un instant avec les prêtres et les diacres, nous allons renouveler les engagements pris le jour de notre ordination. Vous le verrez, cela consistera en deux questions.

La première pour nous rappeler que nous ne sommes pas nous-mêmes la source, mais serviteurs de la source. Il nous sera redit l’importance de demeurer unis au Seigneur Jésus et de lui ressembler.

La seconde d’être des serviteurs désintéressés et charitables de la grâce du Seigneur. Oui, nous sommes prêtres ou diacres pour vous, au nom du Seigneur. Dans l’exercice de notre ministère nous nous employons à servir la rencontre de Dieu et des hommes. Dans notre vie personnelle, comme chacun de vous, nous venons boire à l’unique source du salut. Et je puis vous dire que ce ministère nous comble, nous rend témoins des fruits merveilleux que produit cette source dans le cœur et la vie de ceux qui s’y abreuvent ! Il est grand le mystère de la foi.

 

Priez pour nous, priez aussi pour que de jeunes hommes entendent cet appel à devenir pour leurs frères en humanité serviteurs des dons de Dieu.

 

Jésus le Christ, Unique source du salut !

 

Puissions-nous, ensemble, en être les heureux témoins. Faisons-nous proches de nos frères, conduisons-les à Celui qui soulage les corps et illumine les cœurs, dés aujourd’hui pour un monde plus solidaire et fraternel, et demain dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle où il sera tout en tous.

 

Telle est notre foi, telle est notre mission.

 

Amen

+ Georges PONTIER

 

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 12:45
+ Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
 
        Frères et Sœur bien-aimés,
 
Avec le quatrième dimanche de carême, que nous célébrons en ornements roses, nous retrouvons à Rome, comme le faisait l’église antique, les différentes stations, où le peuple de Dieu se réunissait. Saint Jean de Latran, pour la première célébration, après le mercredi des Cendres à Ste Sabine, puis à Ste Marie-in-Dominica, à St Laurent hors-les- murs, et ce 4ème dimanche à Ste Croix-de-Jérusalem, où avaient été déposées les reliques de la Croix du Christ rapportées par Ste Hélène.
Etant entré dans la mi-carême, nous avons fait la moitié du chemin et la collecte de la messe viens préciser, qu’accablés par les épreuves que nos fautes nous méritent, nous prions le Dieu tout-puissant, de pouvoir reprendre haleine au souffle bienfaisant de sa grâce. Aussi, la Sainte Eglise nous propose de méditer l’évangile de saint Jean au chapitre 6. Le texte nous dit : « Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, appelée aussi Tibériade. »
St Jean veut parler de la fin du chapitre 5, sur le discours de l’œuvre du Fils, et reprenant le Prologue de son évangile, que nous dirons à la fin de la messe, il mentionne le témoignage rendu à la vérité, et souligne que Jésus à bien plus que Jean Baptise. Mieux que l’eau du Jourdain où il purifiait le peuple, Jésus a les œuvres que le Père lui donne d’accomplir, et le Père qui l’a envoyé, lui rend témoignage. Pourtant personne n’a jamais entendu sa voix, ni vu sa face.
Jésus poursuit sa prédication, malgré ceux qui lui reprochent son miracle de la piscine de Bézatha, le jour de Shabbat, lorsqu’il dit au paralytique : « Prends ton grabat et marche ! » Et lorsque les Juifs le questionnent il répond : Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille. » C’était une raison de plus, pour le faire mettre à mort, puisque non content de violer le shabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu.
Et Jésus ajoute : « Ne soyez pas surpris, l’heure vient ou les morts vont entendre sa voix, et sortiront de leurs tombeaux ; ceux qui auront fait le bien, ressusciteront pour la vie et ceux qui ont fait le mal, pour la damnation. Vous, leur dit-il, vous n’avez jamais entendu sa voix et sa parole, n’habite pas en vous, puisque vous ne croyez pas à celui qui m’a envoyé… D’ailleurs je vous connais : l’amour de Dieu n’est pas en vous. » Voilà pourquoi Jésus passe de l’autre côté du lac de Tibériade, et qu’une grande foule le suit. Il est poursuivi aussi par ceux qui veulent sa mort.
Jésus gravit la montagne et s’assoit avec ses disciples. La fête de la Pâque était toute proche. Et voilà qu’il se préoccupe de donner à marger à toute cette foule, et nous assistons à la multiplication des pains et des poissons. Cet évènement se situe à Tabga, et ce sur ce lieu à été construit une belle église bénédictine sur les bords du lac, près du mont des béatitudes. Elle garde le témoignage des cinq pains et des deux poissons. Lorsque tous eurent mangé à satiété, il se leva, partit dans la montagne pour une longue prière, pour un nouveau dialogue avec le Père.
Nous, nous serions restés ! Nous serions restés pour recevoir honneurs et félicitations, avec ces éclats de voix émerveillés devant un si grand miracle. Lui, non ! Il part dans la solitude où il a l’habitude de se retirer, pour être en adéquation avec le Père, écouter encore sa Parole. Il ne veut pas de la royauté humaine. Sa couronne, il l’aura bientôt, ce sera la couronne de dérision, la couronne d’épines, que les soldats enfonceront sur son front avec un bâton.
Et même devant Pilate, lorsque celui-ci le questionne, lui disant : « Alors du es roi ? » Jésus répondra : « Oui, je suis roi, je suis né, je suis venu dans le monde que pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » Nous connaissons la réponse de Pilate en forme d’interrogation : « Qu’est-ce que la vérité? »La vérité, c’est lui, c’est Jésus, le sauveur du monde, celui qui enlève les péchés, pour les prendre sur lui, l’Agneau de Dieu, marchant sur le Chemin de la Croix, pour nous faire comprendre que nous avons-nous aussi, à marcher vers la vie qui n’a pas de fin ; lui qui meurt pour ressusciter et nous entraîner à sa suite dans le royaume.
Cette pâque du Pain de Vie est déjà, avec la multiplication des pains l’annonce de l’Eucharistie. Et en toute Eucharistie, nous renouvelons notre foi en sa présence réelle, en ce pain et ce vin, qui vont devenir, par l’action de l’Esprit Saint et par les paroles de la consécration, son corps et son sang, donné, rompu, pour que nous ayons la vie éternelle. Ce corps du Christ, qui s’opère par la Transsubstantiation, que nous gardons dans le tabernacle, où, comme nous le chantons, « prisonnier de son amour », il attend notre visite, si peu fréquente, notre adoration qui tarde, notre vénération pleine et entière. Car nous devrions êtres prosternés devant lui, n’ayant de cesse, comme le saint curé d’Ars, de lui parler, de l’aviser, et de l’entendre nous répondre. Nous devrions participer nombreux à la messe quotidienne, car il est là présent, et souvent délaissé.
         Cette Pâque du pain de vie, ce chapitre 6 de St Jean, que je vous invite à relire chez vous, « in extenso », vous permettra de faire route avec lui, en cette fin de carême, comme le firent les pèlerins d’Emmaüs. En retrouvant le texte, vous le verrez marcher sur la mer à la rencontre de ses disciples, l’entendre parler dans la synagogue de Capharnaüm ; peut-être même le questionnerez-vous, en lui demandant, comment il est arrivé là ? Il vous dira  : « En vérité, vous me chercher non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé du pain. Travaillez non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture, qui subsiste dans la vie éternelle, celle que vous donne le Fils de l’Homme, car c’est lui que le Père a marqué de son sceau. » 
En ce temps de carême, alors que depuis trois semaines, nous avons cheminé et témoigné, que nous avons jeûnés et fait de nombreux sacrifices, que nous avons tenu notre langue : effort de carême le plus difficile à réaliser, car nous, qui somme prompt à la critique et au dénigrement, à la violence verbale quelque fois… nous avons fait un grand effort : oui, nous sommes restés silencieux, le regardant, lui le Seigneur Jésus et prenant exemple sur sa vie divine et sa Parole d’amour, nous sommes restés dans l’adoration.
Comme Pierre, alors que ceux-là même qui ont mangé le pain, le quittent, après le discours sur le pain de vie, dans la synagogue de Capharnaüm, nous aurons sur les lèvres la réponse de Pierre : « Te quitter ? Mais à qui irions-nous Seigneur, toi seul a les Paroles de la Vier éternelle. Nous, nous croyons que tu es le saint, le saint de Dieu. » Et ce chapitre se termine par cette phrase terrible : « Je vous ai choisi, vous les Douze. Pourtant l’un de vous est un démon. Oui, il parlait de Judas, car c’est lui qui devait le livrer. »
Nous, Seigneur Jésus, nous ne te livrerons pas. Au contraire, nous témoignerons que tu es vivant et que dans l’attente de ton retour glorieux, nous irons, en pensée, la semaine prochaine à la dernière « église stationale », à St Pierre, où ton, disciple fut mis à mort, près du cirque de Néron, faisant notre dernière station de carême, avant de te voir entrer glorieux à Jérusalem, le jour des Rameaux.
Alors que l’Eglise prendra les vêtements de deuil, tes souffrances Seigneur, continuellement évoquées durant les jours saints, nous permettront de prendre nos dernières résolutions de carême : jeûner, convertir notre cœur, nous confesser, partager avec les plus démunis, faire pénitence. Comme pour le grain de blé, tombé en terre, invisible, le Mystère de Vie s’opère, dans la mesure de notre fidélité.
Bonne fin de carême, Frères et Sœur, bonne Semaine Sainte, avec la Vierge Marie pour compagne. Elle chemine à nos cotés et soutiens nos efforts, elle, l’Immaculée Conception, elle nous redit comme à Ste Bernadette, courage, pénitence et conversion. Avec elle, nous faisons le signe de la Croix : au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.    Amen ! 
Mgr J-P Ellul.
  

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 11:35

Messe de la Fête de St Charles

4 novembre 2007
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Homélie en la fête de
Saint Charles Borromée
Paroisse St Charles de Marseille.



 + Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Frères et Sœurs,
 
La parabole des talents, que nous venons de proclamer dans l’Evangile de St Matthieu (25, 14-23), a été choisie à bon escient pour éclairer la vie de St Charles Borromée. Appliquée aux évêques, elle prend une signification particulière. C’est à eux que le Christ confie le gouvernement de son Eglise, en attendant son retour. Quels précieux talents il leur donne, pour enseigner, conduire et sanctifier son peuple ; et quelle magnifique récompense attend ceux qui les font fructifier.
 
St Charles Borromée naquit au château d’Arona, sur la rive ouest du lac Majeur, le 2 octobre 1538. Destiné à l’état ecclésiastique, il commença ses études de droit, à l’université de Pavie en 1554. A peine venait-il d’être reçu comme docteur « in utroque jure », qu’il vit s’ouvrir devant lui, la brillante et riche carrière qu’offrait en ce temps, la situation de neveu du Pape. Son oncle maternel, le cardinal Gian Angelo de Medici, était élu pour succéder à Paul IV.
 
 Lorsque le 30 janvier 1560, le pape Pie IV, dans une promotion de trois cardinaux, donna la pourpre à son neveu Carlo Borromeo, fils de sa sœur Marguerite, il le nomma quelques semaines plus tard, son Secrétaire d'Etat ; puis, il fit pleuvoir sur lui une avalanche de titres prodigieux, -archevêque de Milan, -protecteur du Portugal et de la Basse Allemagne, -légat de Bologne, -protecteur des Carmes, -des Chanoines de Coïmbre, -de tous les Franciscains, -de l'Ordre du Christ, -archiprêtre de Ste Marie-Majeure, -Grand pénitencier, sans parler de bénéfices si confortables, qu’on a pu évaluer à 50.000 écus, de revenu (plus de cent millions de Francs).
 
Au Vatican, il a son service, 150 domestiques, en livrée de velours, des chevaux, et des carrosses. Conscient de sa dignité et de son rang, il mène la vie d’un grand prince de l’Eglise, organise les mariages de ses frère et sœurs, car son ascension profite à toute la famille. Les Romains, volontiers ironiques, pour ce qui regardait les affaires vaticanes, s’esclaffèrent. Mais les badauds de la piazza Navona se trompaient. Le jeune cardinal, appelé d’un seul coup à des responsabilités si hautes, était de taille à les porter toutes, sur ses osseuses épaules. Il n’avait que 22 ans, mais son expérience de la vie, sa sagesse, son intelligence n’étaient en rien celles d’un garçon à peine sorti de l’adolescence. « Avait-il même jamais été enfant ?», ce petit « Carlettino » dont le jeu favori, à cinq ans, était de construire des autels et d’y imiter les cérémonies liturgiques ? Ce prélat aux jambes nues, - tonsuré à huit ans, cet abbé de douze ans, qui, lorsqu’il fut investi d’un monastère, avait pris si bien au sérieux sa tâche, qu’il entreprit de réformer ses moines !
 
A l’université de Pavie, sept ans durant, il s’était fait remarquer, tout autant par sa charité inépuisable, qu’il marquait aux miséreux de toute espèce, que par son travail et son brio. C’était un grand garçon maigre, au long nez recourbé, au masque sans charme ; il émanait de lui une impression de rigidité, de calme, d’efficacité, de courage lucide. De sa vocation, il allait en fournir la preuve éclatante quand son frère aîné étant mort, au lieu de demander à son oncle, la dispense de rentrer dans le siècle pour être chef de famille, (bien que cardinal, il n’était encore que sous-diacre), il se hâterait de se faire ordonner prêtre.
 
Dieu l’avait vraiment marqué de son sceau, et sa vie faite de renoncements, de mortifications, répondit vite aux moqueries de ceux, que sa nomination avaient fait crier au népotisme. « De la richesse, devait dire son panégyriste, lors de son oraison funèbre, Charles ne connut que ce qu’un chien reçoit de son maître : de l’eau, du pain et de la paille ».
 
A peine installé auprès de son oncle, il se révéla tel qu’il était : travailleur acharné, assidu à la méditation et à la prière, (il pratiquait les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola), dont les seules distractions étaient quelques parties de balle au chasseur, pour s’entretenir en forme, et les petits colloquesavec quelques amis sur de graves sujets, qu'il appelait en souriant ses « Nuits vaticanes ».
 
On pouvait donc, êtrecardinal-neveu, et Secrétaire aux innombrables bénéfices, tout en étant un saint ? Le peuple romain se rendit à cette évidence, et la Curie, et les cardinaux, qui, après l'avoirvu à l'œuvre dans l'administration, dans la préparationdu concile, puis durant le concile même, songèrent un instant à lui offrir la tiare, à la mort de son oncle et serangèrent à son avis, quand il proposa l'inattendu cardinal Ghislieri, Pie V. Charles Borromée avait alors vingt-huit ans ; la partie décisive de sa prestigieuse carrière commençait.
 
Le Concile de Trente venait de formuler les principes de la rénovation catholique devenue indispensable. La papauté, en la personne de St Pie V, montrait sa ferme résolution de ne pas les laisser lettre morte. Mais le plus difficile est qu’il fallait faire pénétrer le nouvel esprit, jusqu’au plus profond des consciences chrétiennes, jusque dans les plus lointaines paroisses.
 
Cette tâche et cet honneur, revenaient d’abord aux évêques dont le concile avait dressé un portrait idéal de si grande allure mais à qui il avait rappelé leur devoirs. Seraient-ils capables de comprendre ce que l’Eglise attendait d’eux ? On pouvait l’espérer puisque, avant même que Rome eut pris en charge officiellement, l’œuvre réformatrice, dans maints diocèses, des hommes de Dieu avaient opéré d'impressionnantes transformations.
 
Le concile achevé, le nouveau Pape élu, l'ancien Secrétaire d'Etat considéra que, désormais, son premier devoir était de donner l'exemple, en obéissant au décret sur la résidence épiscopale, et en s'installant dans son archidiocèse de Milan. Il se prépara aux ordres sacrés, sous la direction spirituelle des Jésuites en faisant les Exercices de St Ignace. L’ordination eut lieu en secret, et le 15 août 1563, le cardinal-prêtre célébrait sa première messe. Le 7 décembre, il est sacré évêque de Milan, dans la chapelle Sixtine.
 
Le 23 septembre1565, il faisait à Milan son entrée solennelle, puis, de suite, il réunissait un concile provincial, où tous ses suffragants furent convoqués, pour promulguer les décrets du concile et pour faire connaître ses intentions.
 
C'était un diocèse énorme, couvrant, outre le Milanais, des parties du territoire vénitien et lesAlpes suisses : sous sa juridiction, il n'avait pas moinsde quinze suffragants. Jusqu'alors, retenu à Rome ouà Trente par les grandes affaires de l'Eglise, il avait dûl e faire administrer par un homme de vertus et de talents,le prêtre Ormaneto, que Pie V appela à Romepour réformer la Curie. 740 paroisses, 200 couvents, 3.350 prêtres pour une population de 560.000 personnes. 15 évêchés suffragants. Depuis plus de 80 ans, aucun évêque n’avait résidé dans le diocèse.
 
A vrai dire, la situation à Milanétait mauvaise : prêtres sans zèle, ignorants au pointd'être incapables de réciter en latin la formule de l'absolution, églises vides de fidèles, au point que certainesservaient de granges ; monastères si tombés, que leursparloirs ou leurs réfectoires abritaient bals, noces et banquets ! La tâche était énorme : Charles Borromée s'y attela et jusqu'à sa mort, s'y consacra tout entier.
 
En tout cas, la méditation et la messe quotidienne le conduisirent à une totale réforme de sa vie, désormais placée sur le signe de la prière et de la mortification : plus de suite de laquais, de vaisselle d’or et d’attelages somptueux. « Dieu m’a donné depuis peu, un nouvel amour pour la pénitence ». Malgré sa timidité, Charles Borromée s’est exercé à l’éloquence.
 
En moins de vingt ans, quelle œuvre ! Ilmanda auprès de lui tout ce qu'il put avoir de bons ouvriers : Jésuites, Théatins, Barnabites et clercs de ce tout jeune Oratoire, que saint Philippe Néri organisait alors. Une vaste réforme administrative, centralisée, remit de l'ordre dans les 800 paroisses, désormais groupées en doyennés, commandés par des «vicaires forains», contrôlés régulièrement par des inspecteurs spéciaux, voire parl'archevêque en personne. Régulièrement des concilesprovinciaux furent prévus, pour étudier les problèmescommuns à tous les diocèses, et, dans chacun d'eux, dessynodes annuels. Selon les instructions du concile, desgrands séminaires furent créés, le fameux collège Borromée à Pavie, dont les nobles portiques gardent encore le souvenir de son fondateur, le collège helvétique deMilan, le séminaire d'Ascona sur le lac Majeur.
 
Une fermediscipline fut restaurée partout, et les prêtres fautifs sevirent invités à un « pèlerinage » à l'archevêché, d'où ilsétaient courtoisement mais fermement conduits à unemaison de retraite ; ils n'en sortaient qu'amendés etrepentis. Les monastères furent ramenés à la bonneconduite : plus de salle de bal, plus de festins. Les religieuses cloîtrées reçurent l'ordre de mettre à leurs fenêtres des grilles solides, que les galants ne pussent franchir. On ne pouvait imaginer meilleure mise en application des stricts décrets tridentins.
 
Il se rendait d'ailleurs parfaitement compte de l'importance de l'œuvre qu'il menait : sorte d'application pratiquedes doctrines du concile, « banc d'essai ». Aussi ne laissait-il perdre aucun de ses mandements, aucune de ses lettrespastorales, aucune des ordonnances issues des délibérations de ses conciles provinciaux. Tout cela fut recueilli, publié,en un énorme ensemble où les réformateurs du mondeentier purent désormais découvrir, par le menu, comment ils pourraient appliquer les idées du Concile de Trente. En vérité, il y a bien des grincements, bien des résistances et des calomnies contre lui. Sa minutie pèse aux négligents : « le cardinal-sacristain », ironisent ses détracteurs. Selon d’autres, sa sévérité s’apparente au rigorisme ; les exigences de la réforme, dérangent les habitudes.
 
Mais d’autres le suivent. Valier, deVérone, s'écria que Charles Borromée était « le Docteurdes évêques » : mot profond et exact. Il va donner un exemple de ce que doit prêcher un évêque, et cela est si inattendu, que l’ambassadeur vénitien en 1565 dit « qu’à lui seul, il fait plus de bien, que la cour de Rome et que tous les décrets tridentins réunis ».
 
Qu'une telle action serait appréciée de tout le monde, nul n'oserait le penser. Charles Borromée ne manqua pas d'adversaires avoués ousecrets. Il y eut les gouverneurs espagnols de Milan, quiavaient trop d'intérêts personnels ou nationaux dans lesaffaires d'Eglise, pour accepter aisément l'austère indépendance de l'archevêque : les conflits avec eux furentmultiples, allèrent jusqu'à l'excommunication, et jusqu'àl'appel à Rome, qui donna raison à Charles Borromée.
 
Il y eut les« Humiliés», singulièrement nommés, descendants dégénérés d'une sorte de tiers-ordre bénédictin, pseudo-moinesenrichis dans le négoce des laines, et qui vivaient, à quelques200, dans des palais au luxe scandaleux. QuandCharles voulut les contraindre à plus de tenue, ils sefâchèrent vraiment et firent tant d'esclandre, qu'il fallut userde menaces. C’est alors que le 26 octobre 1569, tandis qu’il prie dans la chapelle, l'un d'eux, un certain Farina,s'en vint avec une arquebuse, et tira sur l'archevêque, à bout portant, en pleine messe, nele blessant d'ailleurs que légèrement, la balle transperçant son rochet et sa soutane, reliques conservées aujourd’hui à la cathédrale de Bordeaux.
 
Il y eut les chanoines de la Scala, qui prétendirent, au nom d'un ancien privilège, interdire à leur chefhiérarchique de les inspecter. Plus secrète, mais pasmoins dangereuse, fut la petite guerre que les Jésuitessemblent avoir menée ; non pas qu'ils ne fussentpoint d'accord sur les buts et les méthodes, mais parcequ'ils désiraient que la Compagnie bénéficiât de leursefforts, et que les meilleurs sujets fussent drainés ver selle, ce que Charles Borromée, pensant à ses séminaires,ne pouvait admettre, tout en les admirant et en les aidant à fonder des collèges. Ce fut sans doute pour résister mieux à leur emprise,qu'il créa les Oblats de saint Ambroise, sortes de missionnaires séculiers, qu'il avait bien en mains.
 
Un tel homme s'imposait, par le prestige de la volonté, de la sainteté, de l'exemple. Le peuple à qui il donnaittout de ses biens, le vénérait. Ses hôpitaux, ses hospicesétaient pleins. Ses Ecoles de doctrine chrétienne, dispensaient l'enseignement religieux à des milliers d'enfants. On lui pardonnait même d'avoir réglementé le Carnaval,et interdit les fêtes masquées.
 
Puissance de travail, mais aussi puissance de prière. Cet homme d’action est capable de méditer la nuit, huit heures de suite, le même sujet d’oraison. Il récite son bréviaire agenouillé sur le sol, et son recueillement sert d’exemple. Il ne dort que quatre ou cinq heures sur une mauvaise paillasse. Le frugalité de ses repas est proverbiale et, à partir de 1571, il ne se nourrit plus qu’une fois par jour de pain et d’eau et de quelques légumes.
 
Bien au delà de son diocèse, son influence s'étendait. Mais sa gloire devait atteindre à son comble, quand éclate à Milan, en 1576, une peste qui fut parmi les plus horribles de l'époque : aux malades enfermés dans les lazarets, mourant de froid et de faim autant que del’épidémie, (car personne ne se risquait à leur prêter secours),l'archevêque osa lui-même leur rendre visite, célébrant lamesse pour eux, leur donnant le saint viatique, cependantqu'en des instructions d'une charité sublime, il suppliait le clergé et le peuple, d'organiser l'aide collective. Il avaittout vendu de ce qui lui appartenait, jusqu'à ses meubleset ses couvertures. « II n'a plus de quoi vivre lui-même, disait un contemporain, mais on dirait qu'il ressuscite les morts par sa présence.» A Marseille Mgr de Belsunce fut son imitateur, lors de la peste de 1720.
 
A trois semaines de sa mort, un capucin le suppliait de se ménager. Il répliqua : « La chandelle pour éclairer les autres doit se consumer ». Epuisé par cet effort incroyable, Charles Borromée mourut en 1584, à 48 ans à peine, laissant à l’Eglise ce modèle d’évêque, qu’après lui un saint François de Sales, un cardinal de Bérulle et maints autres devaient reprendre.
 
         Ce que fit saint Charles Borromée, avec un éclat si prestigieux à Milan, combien d’autres évêques, ses contemporains, d’une façon sans doute plus modeste, mais avec un zèle et un courage souvent admirable, le firent ailleurs, aux quatre coins de la chrétienté. « Le grand miroir de l’ordre pastoral », comme le nommait St François de Sales, fut canonisé le 1er novembre 1610
 
Grâce à lui, à son exemple, 20 ans après la clôture du Concile de Trente, une élite d’évêques s’était affirmée, prête à tenir solidement l’Eglise sur la bonne route où les Pères du Concile l’avaient engagée.
 
          Mais comme en notre XXe siècle, l’application du concile fut longue et semée d’embûches. Les louanges, il ne les entendait pas ! Des critiques, il en eu grandement sa part. Il n’y avait pas Internet en ces temps là, ni de Forum catholique, pour stigmatiser et salir ses actions ; pas même Golias, pour se moquer, ou les Nouvelles Ecclésiastiques, qui du 17ème au 19ème siècle, avec le Jansénisme, firent tant de mal à l’Eglise en Europe et à la France en particulier.
 
            Non ! Tout était dans sa devise, sertie dans le marbre de l’allée centrale de notre église, où « humilitas », écrit en latin, facile à lire, nous rappelle que nous devons nous tenir dans cette vertu essentielle de l’humilité, sous le regard du Seigneur.
 
A nous, qui célébrons le Saint-Sacrifice du Christ, mort sur la Croix et ressuscité dans la gloire, que saint Charles Borromée, dans cette église qui fut consacrée,un 3 novembre 1826,et dont nous célébrons l’anniversaire,nous donne d’être de vrais disciples de la vérité, remplis d’amour et de charité, obéissant fidèlement aux décrets de la Sainte Eglise, sous le regard de celui qui est La Vie éternelle, le Christ Jésus.
 
Que la grâce et la paix du Seigneur soit toujours avec vous. Amen.       
 

Mgr J-P Ellul.

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